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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 09:12
lndfr.jpgAllez, avouez-le : depuis l’époque où l’on vous racontait des contes de fées et maintenant que vous êtes grands, vous en avez rêvé de ce conte fait pour adultes…



La Nuit des Flamants Roses incarne ce conte sans fées mais avec gestes (explicites) à ne pas mettre entre toutes les oreilles.



Partie sans a priori et a priori sans aucune indication, je me suis laissée embarquée pour cette île plus « hype » que Monac’ avec son Palace en Toc, mais identique à notre quotidien avec  « sa grande ville moche ». Au milieu de sa lutte des classes bien spécifique autour d’un lac protégeant l’espèce sacrée (ou la sacrée espèce, au choix) des Flamants Roses, un drame se noue la nuit du 30ème anniversaire du Roi…



Prenez les ingrédients de Cendrillon avec sa pantoufle de vair, la Belle au Bois Dormant qui se pique au rouet la nuit de ses 16 ans à cause du sort de Maléfice, un peu de Karl Marx et de son faux jumeau Groucho, un gros livre d’histoire et des illustrés pour adultes, quelques critiques anti et pro, et quelques touches du Rocky Horror Picture Show, assaisonnez le tout au rythme de la Bossa Nova, du Jazz et du Tango, et vous obtenez LE spectacle musical qu’il faut produire pour remonter le moral de la Nation !



Car, oui, Attention Talents !  




Sous la plume acérée de Franck Harscouët et la baguette inspirée de Vincent 2G prend vie le monde fantastique de l’Huhu-Dahu dont le langage particulier n’est pas sans nous rappeler le poète hurluberlu Raymond Devos, cet amoureux des mots et des glissements entre réalité et fiction… Cette friction du réel et de l’imaginaire s’incarne parfaitement  grâce au rôle de l’Historienne qui crée un lien des plus perturbants entre l’histoire qui nous est contée et le temps qui nous est compté au gré des pieds récités ou chantés par les comédiens… Faites gaffe au « choc mode », ça pardonne pas !



Cette expérimentation spatio-temporelle située à dessein dans le Triangle des Bermudes - ce mythe très pratique pour imaginer l’impossible, vient nous en apprendre plus sur la nature humaine, grâce notamment aux clichés véhiculés par les Arts Nobles (la littérature) et les Arts Nuls (la télé-rature) mais qui aboutissent de façon parfois inversement proportionnelle à des résultats surprenants (vous en saurez ainsi plus sur Isabelle Adjani, Weber, Céline et Jeanne Balibar,… entre autres).



Mais j’ai oublié de vous dire l’essentiel : on rit, d’un bout à l’autre c’est un feu d’artifice, une comédie et même la Comtesse - au rôle relativement vulgaire - est très classe ! J’ai swingué tout le long sur les rythmes syncopés et mes synapses se sont régalées à déchiffrer tous les sous-entendus dissimulés dans la langue fleurie des fleurons de la Flamingo Academy... Et il faut faire attention car cela va très vite…



Mais attention, derrière le titre lui-même, aucune allusion à des Belges Gays (il s’agit bien de Flamants et non pas de Flamands ;) ), même si le cuir rose bonbon du Roi  et son monologue peuvent prêter à confusion…



Cette comédie acidulée qui se moque d’elle-même et des travers du genre apporte un souffle décalé et rafraîchissant au pays du Musical.



A prescrire (et produire) d’urgence pour remonter le moral (de la troupe) !
 



PS : mention Très Bien pour le casting époustouflant et ébouriffant (et pas seulement pour le brushing de certains ;) ). J’ai eu plaisir à discuter avec eux à la fin de la représentation, et les transfigurations étaient à la hauteur de mes espérances : être capable d’incarner notamment la nigauderie à ce niveau de perfection pour le couple princier (Franck Jeuffroy & mention très spéciale pour Amala Landré), la folie douce pour l’Historienne (Sophie-Anne Lecesne) et crasse pour la Comtesse (Frédérique Lelaure), la mièvrerie mais aussi Piaf, Bourvil et bien d’autres pour Magda (Malaurie Duffaud),  la bigoterie salace pour Odile Toc (Franck Harscouët) et la nonchalante mélancolie d’un Roi over désabusé (Laurent Bàn) n’était pas une mince affaire ; enfin jouer le Maître de Cérémonie et lire les didascalies à haute voix, était un autre exercice qu’a su transformer Charles Lelaure tout en apportant une touche supplémentaire à la folle ambiance générale.



Au piano Vincent 2G, le compositeur de l’ensemble fut également remarqué pour sa queue de pie et remarquable par son incarnation de l’amoureux transi, et accompagné de main de maître par Haykel Skouri (percussions, guitare, clarinette).



 
PS 2 : ai-je besoin de le préciser.. ? Il ne s’agissait QUE d’une lecture, très efficacement mise en espace par Jean-Baptiste Arnal ; et à en voir le potentiel, imaginez si on leur ajoute des costumes et des décors ;)




 
Retrouvez La Nuit des Flamants Roses sur Facebook en cliquant ici
 
 

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