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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 23:11

D'abord, il y a le disque, noir, posé au sol, délimitant l'espace,. Puis arrive le danseur avec le micro pour l'absent, chanteur. Posé comme un diamant sur un vinyl, il amorce la danse.

 

Avec un choix décalé parmi le vaste registre de l'auteur-compositeur-interprète, c'est la Décadanse qui ouvre le bal pour donner le ton autour de ce triangle amoureux, entre amour, haine et transgression des interdits.

 

Un beau travail dans la recherche d'enregistrements originaux, de titres moins connus et d'arrangements pour coller au propos, signés Mr Quwertz.

 

Ensuite reste le geste chorégraphié, l'hommage dans une sorte de transe qui touche au sacré : on ressent l'implication artistique et émotionnelle d'Octavio de la Roza. Ce prodige devenu l'Etoile de Béjart transcende son art pour partager, ouvrir une porte sur son univers intérieur. C'est intime, c'est beau, érotique sur la limite comme Gainsbourg savait si bien le faire : faire passer le message par un arrangement habile des mots qui nous embarque et nous envoûte parfois ; Octavio de la Roza accompagne les mots et la mélodie par le geste, précis et sensuel : "exquise esquisse".

 

Une belle originalité dans les figures à trois, avec les deux danseuses magnifiques, énergiques et incarnées qui l'accompagne : (Camilla Colella & Alessandra Berti). Des choix chorégraphiques qui rythment la réception du public, avec notamment des effets de "canon". Une écriture chorégraphique rafraîchissante et originale.

 

Un seul regret : c'était trop court ;)

 

Un moment hors du temps à découvrir au Théâtre du Balcon à 23h15 jusqu'au 30 juilllet : http://www.theatredubalcon.org/festival/spectacles/voulezvous.html

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 22:52
Le rire est dans le tiroir

Quand Sherlock Bond ou James Holmes, alias l'Inspecteur Target, s'élance à la poursuite de l'espègle bonimenteur Manivel, la vie rangée de Monsieur Bertrand va être mise sans dessus dessous - pour le plaisir des petits ET des grands - avec la complicité bien involontaire du Cousin Creum.

 

Avec une écriture de gags à tiroir pour offrir de la joie à tous les ét-âges, ce spectacle de clown vous fait pénétrer dans un univers juste légèrement décalé pour y faire entrer le Rire de la cave au plafond, dépoussiérant au passage quelques toiles d'araignée. 

 

Chacun campé à 100% dans un rôle plus vrai que nature, Monsieur Bertrand est un gentil maniaque de la propreté, Manivel a plus d'un tour dans son sac à malice, l'Inspecteur Target est un croisement entre Max la Menace et l'Inspecteur Gadget, et le Cousin Creum, un idiot au grand coeur.

 

Mêlant intelligemment enquête policière, histoire d'amitié et d'amour, nos quatre mousquetaires du rire embarquent petits et grands pour un grand moment de folie joyeuse.

 

Un spectacle renversant !

 

Le titre est dans le coffre par le Théâtre du Faune à découvrir jusqu'au 30 juillet à 11h35 à l'espace Alya : http://www.espacealya.com/11H35-Theatre-du-Faune-Le-titre-est-dans-le-coffre-duree-1h10_a393.html

 

 

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 18:00

Le théâtre - le spectacle vivant en général - ouvre les portes de l'imaginaire sans toujours forcément scléroser la forme.

 

Parmi mes pépites avignonnaises, j'ai cueilli deux spectacles ayant choisis la forme de la conférence pour présenter un propos avec talent et succès.

 

 

2 spectacles-conférences : montrer par l'exemple, défendre avec passion
« C'est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens. »
 
 

Zigzag pose la question de la place du metteur en scène dans la création.

 

Une bonne question à laquelle la réponse est apportée par le truchement de la conférence, mais également par l'exemple en proposant trois mises en scène différentes de la première scène du Médecin malgré lui de Molière. Ce choix basé sur sa notoriété m'a particulièrement touchée, car cela a effectivement été la première scène que j'aie jamais jouée.

 

Au travers de cet exercice et de cette écriture "libre", sont aussi proposés différentes formes du théâtre et certains profils mis à mal, tels la pinup inculte ou le pédant au super ego. Le comique de la scène et les choix de mise en scène font le plaisir de tous. Le public adhère et pour certains dont cela pourra être une première prise de contact avec le théâtre, cela sera sans nul doute un très bon souvenir.

 

Un format court et maîtrisé, tant dans le fond - par les références choisies (Einstein, Brook, Mnouchkine,...), que dans la forme, grâce aux talents conjugués de Xavier Lemaire (Le Conférencier /co-auteur et metteur en scène) et de Caroline Mexme (scénographe).

 

Un coup de coeur particulier pour le duo clownesque des régisseurs plateau d'une sincérité touchante, interprétés par Isabelle Andreani (co-auteur / La Comédienne) et Franck Jouglas (Le Comédien).

 

A voir en Avignon à La Luna juqu'au 31 juillet : https://www.theatre-laluna.fr/spectacle/zigzag

 

Les dessous chics de l'orthographe

 

La convivialité incarne par son titre un moment d'échange privilégié, offrant à 12 chanceux à la fois de pénétrer dans la réplique d'un salon d'appartement un peu suranné au moment de l'apéritif pour y parler belles lettres...

 

Dans cet exercice original, deux linguistes belges proposent de défendre - preuves à l'appui - la réforme de l'orthographe. Avec toute la "doxa" qui s'impose dans le fond, ils se posent sans s'imposer sous une forme joyeusement décalée pour rester accessibles. Et, grâce à Kévin, graphiste de talent mais aux rapports compliqués avec l'orthographe, les supports sont au service de la compréhension, avec notamment un jeu de cartes unique en son genre qui explique, enfin, la très surprenante règle du COD.

 

Partant de principes de construction volontairement élitistes, conférant un caractère "sacré" à la langue, l'orthographe - de par cette gymnastique incroyable qu'elle impose à l'esprit - a des conséquences graves dans la vie de générations d'élèves, leur compliquant le chemin vers l'estime de soi et l'accès au travail, en générant ce que l'on nomme "l'insécurité linguistique".

 

Afin de séparer les gens de lettres des autres, la difficulté a été privilégiée, ainsi que les racines les plus "classiques" ("chic" serait plus approprié en fait) parmi le latin et le grec, oubliant notamment l'apport de l'arabe, par exemple, qui représente une bonne partie des origines de notre vocabulaire quotidien.

 

Ce cadre imposé s'évertue à inculquer, là où il faudrait enseigner et ne relève que la "faute", au lieu d'aider à comprendre et corriger une erreur. Au final, des gens de tout âge basculent d'un "mal faire" à un mal-être ("mal lettre") : il faudrait parler de mal lettrés, là où la définition académique préfère cultiver des ignorants :

 

La Compagnie declare qu'elle desire suiure l'ancienne orthographe qui distingue les gents de lettres davec les ignorants et les simples femmes, et qu'il faut la maintenir par tout, hormis dans les mots ou un long et constant usage en aura introduit une contraire.(académicien Mézeray dans un projet pour le Dictionnaire de l'Académie de 1694)

 

Il est temps de dynamiter gentiment la bien-pensance et de retrouver le goût de la langue dans un rapport démystifié et décomplexé afin de rassurer ces générations traumatisées. Un voeu pieu mais qui commence par une petite action, comme assister à cette proposition, qui deviendra une création de plus grande envergure à la rentrée au Théâtre National de Bruxelles !

 

Pour en savoir plus : http://www.laconvivialite.com/ 

 

(A Avignon, les représentations ont joué à guichet fermé et j'ai été heureuse de pouvoir assister à l'une des dernières...)

 

 

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 22:57
(crédit : Courtois)

(crédit : Courtois)

"La solitude des malheureux ça se partage comme le bonheur"

 

"L'indifférence est un mal contagieux"

 

 

Alors que l'ordre naturel des choses voudrait qu'un parent doit aimer son enfant et mourir avant lui, ce texte d'Olivier Sourisse vient illustrer un drame familial par une forme originale avec au bout, une réconciliation inattendue.

 

C'est un huis clos à deux personnages mais avec quelques fantômes que nous propose Stavanger.

 

Stavanger, le titre, ce point de fuite, reste la clef du dénouement.

 

Stavanger parle de la peur, de la peur de l'engagement, de la délivrance, du rapport à la culpabilité et à ce que des circonstances toutes particulières peuvent nous pousser à faire, pour le meilleur et pour le pire.

 

Dans cette antichambre coupée du monde, c'est à la fois une confrontation, un procès et, finalement, un acquittement peu ordinaire auxquels assistent les spectateurs.

 

Stavanger, ce sont deux solitaires qui se rencontrent :  Florence, avocate neurasthénique interprétée avec élégance par Sylvia Roux et Simon, paumé bloqué à un stade mental proche de l'adolescent indécis et torturé, interprété par un Thomas Lempire plus vrai que nature.

 

Un rapport aux sentiments filiaux vus "en biais" et par un prisme original, nous mettant le doute jusqu'à la fin.

 

 

A découvrir jusqu'au 30 juillet dans le Festival Off d'Avignon à 16h50 à l'Arrache Coeur : http://www.billetreduc.com/165795/evt.htm.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 20:53

 

 

Il y a d'abord deux comédiens, qui aiment leur Art.

Il y a d'abord Lui, sur le plateau, qui s'amuse avec une malle, comme quand, enfants, nous montions dans les greniers de nos parents et grands-parents, à respirer les veilles dentelles et inventer de folles histoires.

Et puis, soudain, il y a Elle.

Et au milieu, il y a tout cet Amour, ce grand Amour...

Alors, pour l'aborder, Lui improvise une estocade et entame une danse qui les fera se prendre au jeu : il sera Cyrano et elle, Roxane.

 

Jouer Cyrano de Bergerac, ce monument, est une gageure à chaque fois, mais le pari de le jouer à deux, avec astuces, est un pari de comédiens poètes : une aventure onirique, qui transforme tout subterfuge en personnage.

 

Maryan Liver incarne - parmi toute une palette de personnages - une Roxane plus vraie que nature : ardente, passionnée, aveuglée par la surface lisse avant de découvrir la délicate profondeur de l'âme.

 

Son complice, Thomas Bousquet interprète - parmi moult rôles - un Cyrano tantôt bravache, tantôt éperdu d'un trop plein d'amour, qui jusques à la fin sait garder son panache.

 

Le parti pris de mise en scène était osé, mais Maryan et Thomas n'ont peur d'aucune difficulté : cela les anime et encourage leur créativité. Et puis, ce format compact, permet de transporter facilement ce joli spectacle, à une heure où trouver une production est difficile. Mais il permet surtout de faire entrer tout un chacun, enfants et plus grands, dans un merveilleux texte.

 

Un joli regard en biais sur ce texte, car au milieu du visage de ce Cyrano, nul artifice : de cet appendice ici, il n'est pas vraiment question, juste du poids de nos complexes qui nous oppriment sur le chemin de la liberté...

 

 

Une jolie pépite à découvrir jusqu'au 30 juillet (relâche le mardi) au Festival off d'Avignon à 12h35 à l'Atelier 44 (44 rue Thiers au croisement avec la rue Guillaume Puy) : http://www.billetreduc.com/163994/evt.htm.

 

 

Maryan Liver incarne - parmi toute une palette - une Roxane plus vraie que nature : ardente, passionnée, aveuglée par la surface lisse avant de découvrir la délicate profondeur de l'âme.

 

Son complice, Thomas Bousquet interprète - parmi moult rôles - un Cyrano tantôt bravache, tantôt éperdu d'un trop plein d'amour.

 
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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 18:48
081.jpgcrédit photo : Angelina Moskalenko



Après la présentation de la master class du Hall de la Chanson créée pour les étudiants du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris, j'aurais  du savoir qu'aller assister à une présentation au retour du stage estival sur Claude Nougaro ne serait pas une simple formalité.

 

Mais je ne pouvais pas m'attendre à autant de fraîcheur, de créativité et d'envie de partager. Dans une époque où les passions s'émoussent par écrans interposés, assister à un vrai spectacle vivant dans toute sa splendeur est toujours revivifiant.

 

"La chanson est un art léger" m'a dit Serge Hureau et je comprends bien cela. Et légers nous l'étions à nous faire prendre par la main pour suivre le fil d'Ariane de cette compagnie improvisée de jardins en balcons et de la scène au foyer.

 

En écoutant toutes ces chansons de Nougaro, j'ai été surprise d'en découvrir tant que je connaissais, enfouies quelque part dans ma mémoire dès mon plus jeune âge et puis, aussi, d'en découvrir autant que je ne connaissais pas, sublimes éclats de vie et de voix.

 

Le travail d'appropriation, de mise en scène et d'interprétation de ce répertoire par des "jeunes" pour qui ce "Grand monsieur" était / pouvait être un total inconnu, avait quelque chose de rassurant. Et les arrangements dénotent d'un grand talent.

 

Cette promenade sur le terrain de la Villette et dans les espaces du théâtre a permis d'offrir de nombreuses variations et d'habiter différemment chaque chanson : des barreaux des tribunes pour Sing Sing, à l'écran blanc d'une version féminine du Cinéma, à des balcons improvisés pour Marie-Christine du haut de la bambouseraie ou de la cour du Hall de la Chanson, nous étions transportés d'un univers à l'autre le temps de quelques mots... Et un grand bravo pour la prouesse technique offerte lors de La pluie !

 

Assister à cette fin d'après-midi flamboyante donne envie que cette aventure se poursuive et donne lieu à la création d'une joyeuse bande formée par ces talents multicolores et investis. Qu'ils sachent comme lui, Claude Nougaro, ce génie, se réinventer toute leur vie... 

 

Le Hall de la Chanson créée ainsi un pont entre l'école et la vie, entre les genres, les époques et les gens : tous les spectateurs sont repartis ravis !

 


Un lieu à découvrir et voir grandir...

 

logo lehall

http://www.lehall.com/

https://www.facebook.com/lehalldelachanson


Documentation

Sous ton balcon (Claude Nougaro sérénade) est le fruit de deux semaines de stage-chantier intensif sur les œuvres de Claude Nougaro, à la Maison du Comédien Maria Casarès en Charente au début du mois de juillet, et de quelques répétitions supplémentaires début septembre !

Serge Hureau et Olivier Hussenet, tous deux chanteurs, comédiens et metteurs-en-scène, qui enseignent l’interprétation de chansons du patrimoine depuis 5 ans au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, ont encadré les travaux de 13 élèves passant de 1ère en 2ème année, soutenus, accompagnés et musicalement encadré par un jeune musicien de jazz, compositeur et arrangeur lui-même encore élève au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris : Grégoire Letouvet.

 

Un partenariat du Hall de la chanson avec le Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris et avec la Maison du Comédien – Maria Casarès.

Avec des élèves passant de 1ère en 2ème année au CNSAD : Alice Berger, Lucie Digout, Jade Fortineau, Loulou Hanssen, Yannick Morzelle, Raphaël Naasz, Lisa Perrio, Camille Plocki, Antoine Prud'homme de la Boussinière, Bertrand de Roffignac, Geoffrey Rouge-carrassat, Paul Toucang, Yuriy Zavalnyouk.

Et Grégoire Letouvet, pianiste, compositeur, arrangeur
Direction artistique et mise en scène : Serge Hureau et Olivier Hussenet
Technique : Saïd Hidjeb

http://www.lehall.com/vivez-participez/spectacles-et-concerts/sous-ton-balcon-claude-nougaro-serenade

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 13:25


bruno2.jpgJ’aime cet album parce qu’il parle de nous, de toutes les rencontres, de tous les amours, de toutes les prières qu’un homme ou la planète peuvent faire.

 

Là où l’on va, est une proposition musicale d’une dans-ité et d’une music-altitude jamais inégalée par Bruno Bazinet et ses acolytes qui ont accepté un défi de haute volée.  Même si la signature de Bruno se retrouve dans chacune de ses chansons, quelques nouveaux territoires ont été explorés et des frontières de virtuosité franchies.

 

Au milieu de toutes les chansons, il en est une qui a retenu toute mon attention et m’a touchée tout spécialement… Juste en équilibre « sur une musique qui lui rappelle qu’il peut sentir pousser des ailes », cette chanson triste est belle  mets en lumière la façon dont on peut essayer de s’échapper de la douleur…  « Il danse ».

 

Il faut parfois ne pas céder au bercement ou au rythme de la mélodie pour s’attacher aux paroles et aux messages. Ainsi, il m’aura fallu quelques écoutes pour comprendre la particularité et l’importance du très groovy « Hey Man ! ». Cette interpellation (mot que l’on peut prendre ici quasiment dans les deux sens) est celle de la Terre à l’Homme, lui rappelant qu’il avait tout avant d’abîmer son environnement, son patrimoine et son héritage… et cette déclaration :  « aimez-moi comme je vous aime ».

 

Car l’Amour reste le dénominateur commun de tous les textes et surtout l’élément fondateur de cet album qui s’ouvre sur « Tout autour » : « l’amour est dans l’air, caché dans le secret du hasard, dans un grand sourire offert, au creux d’un regard… »

 

Et il se décline, qu’il s’agisse de s’aimer soi pour avancer et se réaliser (« Le jour où je m’aimerai »), s’aimer comme l’on est (« Irrécupérable »),  ou aimer l’autre (« La vie rêvée ») priant pour que cela dure : « garde moi, tant que tu voudras de moi… ».

 

Mais cet album parle aussi de l’amour perdu, dans « Ordinaire » : « Je sais, c’est ordinaire, d’essayer de vouloir plaire. Ecœuré par l’amour qui tue, on prie que vienne un vent contraire, dis, c’est un malentendu ? / Je sais, c’est ordinaire, mais dis-moi comment s’y faire ? On s’interroge le cœur perdu : est-ce qu’‘on peut échapper à l’enfer ou est-ce qu’on s’habitue ? ».

 

Pourtant, cet album reste une ode à la vie, un chant d’espoir avec  « Belle malgré tout » : « Cesse pas d’y croire ma p’tite chérie baisse pas les bras /  Accroche toi à ce qui sourit autour de toi / Et vivre comme tu voudrais /  Tu as encore des rêves à suivre, va sans regret / N’oublie pas que la vie est belle malgré tout, et après tout… »

 

Comme Bruno me le confiait récemment : « J'ai écrit "Là où l'on va" suite à ma rencontre avec Emily Pello, et quelques mois plus tard, on la chante ensemble sur le disque et c'est le titre de l'album. "Sur la route, on peut se trouver, y'a des rendez-vous à ne pas manquer." Cette phrase est vraiment pour tous ceux dont j'ai croisé la route et avec qui j'ai partagé des moments importants. Je suis particulièrement fier de cet album, j'ai atteint des buts dans sa réalisation dont je rêvais depuis que j'ai commencé. Les chansons ont toutes une histoire personnelle, donc une résonance spéciale et puis, pour ce que m'ont donné les musiciens, leur confiance, leur talent, leur générosité. Pour tout cela, je veux donner toutes les chances possibles à cet album de se faire connaître et d'atteindre les gens. C'est un disque fait avec le coeur pour le coeur.»

 

Vous pouvez vous aussi faire en sorte que tout cela devienne entièrement possible en participant au projet via : http://fr.ulule.com/bazinet/

 

Pour découvrir et suivre Bruno Bazinet sur Facebook : https://www.facebook.com/brunobazinetartiste

 

Vous pouvez retrouver mes critiques des albums précédents de Bruno ici et ici.

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 17:57

Nous nous sentons tous à un moment de notre vie étriqué, pris au piège entre nos ambitions et ce poste minable que nous occupons... C'est tout à fait la situation de Propichkine, fonctionnaire dans un quelconque Ministère. Cela pourrait encore passer s'il n'était pas tombé amoureux de Sophie, la fille de son directeur.

 

Dans cette simple expression "tomber amoureux", il y a déjà la notion de déséquilibre... de là à sombrer dans la folie, il n'y a qu'un pas que Propichkine franchit allégrement, comme nous le comprenons assez vite par le fil plus ou moins décousu de sa pensée.

 

Mais avant le verbe, comme lors de la Création, tout n'étais qu'ombre et l'ombre de Propichkine se faufile sur scène comme celle d'un enfant qui traînerait son chariot à jouet, ou comme un SDF tirerait son caddie... Dans ce silence, on remarque déjà une démarche, une dégaine plutôt, un peu désorientée dans l'attitude, un peu négligée dans la tenue : déjà ce flou, indique le vague à l'âme de notre héros, qui ne peut prétendre l'être que par cet aplomb qu'il a à croire possible cet univers parallèle dans lequel il réinvente la réalité qu'il ne peut supporter.

 

 

Si Nicolas Gogol a écrit cette nouvelle à 26 ans, on imagine pourtant Propichkine plutôt comme un vieux garçon (le texte nous apprend qu'il a 42 ans). Néanmoins, Propichkine est également une sorte de double de  Gogol qui ambitionnait à son arrivée à Saint Petersbourg de faire une grande carrière dans l'administration. Et il occupera effectivement un modeste emploi dans un ministère et dans l'administration avant d'écrire ce texte d'une suprenante maturité dans l'analyse qu'il nous livre sur la société russe de l'époque... curieusement, à écouter ce texte en 2012, on se surprend à le trouver particulièrement moderne et d'une étrange actualité : Propichkine qui passe une grande partie à tailler des plumes pour son directeur, n'incarne-t-il pas l'archétype du "gratte-papier" ?

 

Mais au travers de son journal, dans lequel il peut écrire à la date du 6 novembre : 

 

"Chez moi, je suis resté couché sur mon lit, presque toute la journée. Puis j'ai recopié de très jolis vers :

Une heure passée loin de ma mie

Me dure autant qu'une année.

Si je dois haïr ma vie,

La mort m'est plus douce, ai-je clamé

C'est sans doute Pouchkine qui a écrit cela."

 

ne rejoint-il pas encore une fois Gogol qui en arrivant à Saint Petersbourg s'était également rué à la rencontre de Pouchkine qui sera son mentor et ami, celui qui l'encouragera à écrire notamment le Revizor, qui lui apportera la reconnaissance ?

 

On pourrait même dire que d'une certaine façon Le journal d'un fou a des allures prophétiques, son auteur ayant à traverser à son tour des troubles psychologiques et une dérive mystique qui à l'image de Propichkine, provoqua sans doute sa mort précoce. 

 

Ainsi Gogol et Propichkine se trouvent-ils liés par un sort, une destinée, tels un Dr Jekyll et un Mister Hyde ou un Dorian Gray et son portrait : ce cheminement vers la folie tisse sa toile sur différents niveaux au travers de la pièce portée par la mise en scène de Wally Bajeux et par l'interprétation de Syrus Shahidi.

 

Dans le silence d'abord, par cette incarnation et ces transformations physiques successives : de la poésie à la froideur, du sentimentalisme à la folie la plus violente... Du haut de ses 23 ans Syrus Shahidi est en phase avec le jeune Gogol écrivant cette histoire et avec Propichkine qui vit l'un de ses possibles cauchemars... Il se projète et nous propose une pantomime d'une précision acérée, brute, brutale...

Par le texte ensuite, qui offre ces glissements et ces oscillations entre réalité, réalité distordue et fantasme absolu...Ce monologue, monocorde, tantôt nous berce et tantôt nous foudroie par ses accès de lucidité, de vérité et de douleur insupportable.

 

Par la mise en espace enfin : sur cette scène confinée, trop petite pour ce corps qui a besoin d'espace et qui se retrouve comme emmuré, prisonnier, pris au piège d'un rêve trop grand pour lui... à l'image de cette cellule où il se retrouvera enfermé... le jeu tout en ombre et lumière, le silence, cet aspect "noir et blanc", comme si toutes les couleurs de la vie avaient été effacées, aspirées hors de ce corps et de ce lieu...

 

Le journal d'un fou est un texte salutaire dans un monde malade d'un travail qui se retrouve de plus en plus sans valeur, qui ne respecte plus ses collaborateurs, et qui peine à donner du sens, au sein d'une société qui parfois semble sombrer dans une douce torpeur, une douce folie à vouloir garder des codes de hiérarchie hérités de cette monarchie décapitée en place publique pour rendre les hommes libres et égaux en droits : Propichkine subit tous les travers de cette société de castes, qui subsiste encore parfois, et rate son casting pour séduire la belle Sophie... une belle illustration pour montrer ce que "mourir d'aimer" peut vouloir dire...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le journal d'un fou

de Nicolas Gogol

Mise en scène Wally Bajeux

avec Syrus Shahidi

adaptation : Wally Bajeux et Syrus Shahidi

 

 

Pour réserver sur le site du théâtre : cliquez ici

Pour réserver sur BilletReduc : cliquez ici

 

 

prolongations 2013:
A PARTIR DU 6 JANVIER 2013
LES DIMANCHES 20H
LES LUNDIS ET MARDIS 21H30
THEATRE DU GYMNASE MARIE BELL STUDIO 38 BD BONNE NOUVELLE 75010 PARIS
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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 12:56
affiche_quiaimebientrahitbien.jpgVous avez sans doute un meilleur ami, celui que vous gardez depuis l'enfance, peut-être même bien qu'il incarne pour vous comme pour Marie-Jeanne dans Starmania, un Ziggy, "un ami pas comme les autres" qui fait que vous feriez n'importe quoi pour lui... C'est un peu le cas de Nanie avec Seb. Aussi quand Seb lui demande de l'héberger "pour quelques jours", elle n'hésite pas, trop heureuse de dépanner son meilleur ami... Sauf que le temporaire vient à durer, que Nanie tombe enceinte et aimerait en profiter pour emménager avec son "fiancé"...
 
Et là, c'est le drame...
 
"Qui aime bien trahit bien" décrit relativement bien ces moments de crispation entre amis, le moment où l'on frôle "l'abus de gentillesse" sous prétexte que vous le valez bien... Est-ce que l'amitié peut résister aux mesquineries, aux coups bas et autres trahisons ? Pour le savoir, il faut se rendre à l'Alambic Comédie, petit théâtre que j'ai découvert avec plaisir et où l'accueil est véritablement chaleureux, mettant de suite le public en condition pour passer un bon moment.
 
Avec une distribution à toute épreuve (cascades, chorégraphies, karaoké, transformisme, ...) "Qui aime bien trahit bien" vous propose un pur moment de détente et de franche rigolade avec une bande-son qui vous fera chanter et vous trémousser sur les fauteuils.
 
Nanie et Seb ne forment pas un duo infernal : il faut compter avec Dadou, la troisième mousquetaire prise à partie et partie prenante dans cette chamaillerie grandeur nature. Face à ce trio d'inséparables, Pascal le fiancé, ne sait plus à qui se fier...
 
Il y aura du sang, du sexe, de la sueur, des larmes et au moins un strip-tease... Alors ne ratez pas l'occasion !
 
Spéciale dédicace à Thomas Lempire* - que je connaissais déjà depuis Goodbye Candide et Il était une fois - qui incarne un Seb plus vrai que nature et qui montre une fois de plus les possibilités impressionnantes de sa palette de comédien.
 
 
 
quiaimebientrahitbien.jpg
  

A 20h15 du mardi au Samedi
Une pièce de Vincent Delboy
Mise en scène de Thierry Patru assisté de Thibault Martel
*Avec, suivant les soirs :
Nathalie Tassera ou Fabienne Louin, Isabelle Rocher ou Léa Jouvet, Teddy Têté ou Thomas Lempire, Mattéo Fortin ou Julien Kirsche
 
Pour en savoir plus sur le spectacle et réserver sur le site du théâtre : cliquez ici.
 
Pour en savoir plus et découvrir l'Alambic Comédie : cliquez ici.
Pour réserver sur Billet Reduc : cliquez ici.
 
 
 
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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 23:45

toutdroit.pngA les voir, nos deux protagonistes n'ont aucune chance de sortir vivants de ce voyage : entre un fiancé propre sur soi et une blonde totalement barrée, le compartiment SNCF risque de virer à la scène de crime...

 

Tout ce rose, présent certainement pour nous rappeler que nous sommes au spectacle et pas dans la réalité, tant la limite est parfois aussi mince que les raisonnements de notre chère blonde préférée (comme avoir des couverts à salade dans son sac pour enfiler ses bottes...), pourrait à tort faire croire à une histoire version guimauve. Que nenni !

 

Avec des répliques plus vraies que nature qui font mouche à chaque fois, il est passionnant de voir filles et garçons rire, rarement ensemble d'ailleurs, tout en se donnant de petites bourrades pour bien signifier "tu vois, finalement..."

 

Alice Pol incarne avec une justesse surprenante Violette, cette blonde évaporée avec son paquetage de survie, qui fait que toutes les filles se reconnaîtront : "j'aime bien avoir l'impression d'avoir toute ma maison avec moi...".

 

Mais cette "barbie girl" dans son wagon rose bonbon a bien du mal à chasser les idées noires de son colocataire mâle en tous points, Thomas.

 

Car Sébastien Lalanne est là pour incarner la raison, l'austérité, le manque d'humour /d'amour aussi d'ailleurs (mais, votre fiancée, vous l'aimez ?) : une sorte d'archétype de l'adulte face aux obligations, tandis qu'Alice reste comme celle du pays des merveilles, sorte de Peter Pan féminin des temps modernes, expliquant à qui veut l'entendre que la vie peut être tellement plus marrante si on regardait tout d'un pas de côté... Chacun rabâchant à sa façon certains des poncifs les plus éculés, ils semblent parfois échappés d'un roman, d'un film et se retrouver sur cette scène comme pour témoigner que "l'amour existe encore" et que ceux qui aiment prendront le train... (si l'on en croit la pub Meetic, la vraie rencontre est "ailleurs"... faut juste espérer qu'il n'y aura pas de grève ;) )

 

Ce jeu de la séduction ressemble à un tango, un paso doble, un jeu d'escrime ou de la vérité : après le rouge et le noir, le rose vient apporter une touche a(ci)dulée dans ce contexte où l'homme et la femme se voient obligés de se faire face et de communiquer. Le moment du basculement est d'une poésie rare lorsque chacun cherche à prendre une partie de l'autre pour lui ressembler, lui plaire et donc se rapprocher : comportement tellement humain et tellement vrai...

 

Ce match de ping pong nous procure le plaisir de compter les points, y compris ceux de suspension dans l'attente de la chute : ne dit-on pas à bon escient que l'on "tombe" amoureux ?

 

Une comédie rafraîchissante, à voir en couple pour se rappeler que c'est aussi parfois pour d'apparentes mauvaises raisons que l'on est ensemble  et que l'amour fait loi même dans le chaos le plus invraisemblable.

 

Prenez vite vos billets pour un voyage immobile passionnant !

 

Attention ne ratez pas cette surprise à durée limitée : jusqu'au 18 août au Théâtre Michel

 

Ce spectacle est une belle surprise : tout d'abord, celle de l'écriture d'Alice Pol, qui touche dans sa justesse, son côté lyrique et décadent, juste ce qu'il faut pour déclencher les rires sans jamais tomber dans une quelconque facilité, doublée d'une comédienne émérite, tant l'aspect évaporé de son personnage est loin de sa personnalité. Ensuite, la découverte de Sébastien Lalanne, ici dans un vrai rôle de composition quand on a le plaisir de discuter ensuite avec lui et de découvrir un homme tout à fait pétillant et charmant, loin du cadre coincé qu'il interprète ; et l'occasion d'apprendre qu'il est le créateur des Wriggles, qu'il est passé par le cirque et beaucoup d'autres mondes parallèles avant de rencontrer Alice sur un tournage... à peine quelques semaines avant de monter sur scène avec elle.

 

Car la création de "C'est tout droit... ou l'inverse" au Théâtre Michel est à l'image de la pièce : une suite de rencontres extraordinaires qui aboutissent à l'apparition de cette magie spéciale. C'est à l'invitation de Didier Caron qu'en moins de temps qu'il ne faut pour le dire que tout s'est décidé et qu'en quelques semaines le spectacle a a été monté. Parmi les magiciens de cette belle aventure, il faut citer Franck Harscouët que je découvre à nouveau en metteur en scène de talent - en attendant de le voir à nouveau sur scène ;) : il a su donner un cadre et une musique bien particulière à cette pièce pour que l'on entre dans cet univers intimiste, sans jamais avoir le temps de s'installer ou de s'ennuyer, grâce aux rebondissements orchestrés de main de maître à l'aide de "petits riens" si bien pensés. A ses côtés Kristof a su l'aider a fignoler le décor, plus proche parfois de l'Orient Express version panthère rose que de n'importe quel train corail ou TGV actuel ;) Cette somme de talents rend justice au texte, véritable écrin pour cette jolie perle.

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Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
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