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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 10:48

goodbye_candide.jpg

Adaptation :
Anthony Pierrin
Vincent Pixerelle

 

Mise en scène :
Vincent Pixerelle

 

 

Avec :
Adeline Belloc
Helen Harlé
Didier Lafaye
Grégoire Bourbier

Anthony Pierrin
Vincent Pixerelle

 

Voix off :
Richard Darbois

 


Présentation dans le cadre des lectures de la Huchette.

"Tout est bien dans le meilleur des mondes", j'avais appris ce célèbre adage il y a fort longtemps en classe de Français. Depuis, il était tombé dans l'oubli ou devenu une blague, dans les moments où les vagues de la vie vous submergent.

 

Quand Vincent Pixerelle m'a parlé du projet il y a plusieurs mois, je m'étais demandée ce que cela pourrait donner au théâtre, un conte philosophique. J'étais donc forcément au rendez-vous le jour de la lecture, et je n'ai pas été déçue...

 

 

Entouré d'une solide équipe, très bien distribuée, le co-auteur de cette adaptation, Anthony Pierrin alias Candide se voit chassé du château où il a été élevé avec pour seul bagage, les enseignements de Pangloss, son précepteur et pour seules armes, sa naïveté désarmante et son amour pour Cunégonde.

  

Son tour du monde idéaliste nous fera rire à ses dépens, d'autant que la langue est plus proche de la gouaille que du verbe des salons du XVIIIème.

 

C'est dans un style très enlevé et sur un rythme trépidant que nous emporte cette joyeuse troupe, la Compagnie des Evadés : le texte est d'une rare saveur, ainsi que les accompagnements musicaux, truffés de références empruntées à la littérature, à la culture, à la télé et au cinéma (j'adore la scène du "Parrain" ;) )... cela devient un jeu de tous les instants entre les comédiens et la salle.

 

L'ensemble est ingénieux, harmonieux, drôle et les personnages principaux - Pangloss / Didier Lafaye, Candide / Anthony Pierrin, Cunégonde / Adeline Belloc, Martin / Grégoire Bourbier, Cacambo / Vincent Pixerelle, La Vieille / Helen Harlé - sont admirablement campés.

  

Après avoir goûté à cette mise en bouche, on ne peut qu'attendre avec impatience la mise en espace !!!

 

 

 

 

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 18:02

philippe_bas.jpgIl y a 15 ans, je montais ma première création dans laquelle pour illustrer une scène, j'avais utilisé la chanson "Fin d'après-midi" de Françoise Hardy. C'est la mélodie qui m'est venue après une longue journée de travail et de chaleur comme celles que nous connaissons depuis un moment.

 

Sachant par un ami que Woody Allen - aussi clarinettiste de Jazz - était en tournage à Paris, et étant à deux pas du Petit Journal Montparnasse, je décidai d'aller jeter un oeil à la programmation, au cas où...

 

En passant devant la terrasse de cet auguste établissement, j'eus la belle surprise de trouver un piano et un pianiste en terrasse... Je me suis installée et je me suis laissée bercer. Philippe Bas est peut-être le dernier à jouer le Stride, alors autant en profiter, d'autant que de titre en titre la complicité s'installe et qu'il n'oublie jamais de remercier son "public chéri".

 

> Il joue :

 

- tous les soirs (sauf dimanche) de 18h à 21h  pour l'Apéro au Petit Journal Montparnasse  [13 rue du Commandant René Mouchotte 75014 Paris - 01 43 21 56 70 - M° Montparnasse ou Gaîté]

 

et

 

- demain soir, Mardi 13 juillet 2010 au Charlus [32 rue Albert Thomas 75010 Paris Métro République]en compagnie d'une chanteuse.

 

Ne ratez pas l'occasion !

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 06:40

instants-voles.jpgIl existe un endroit tel que vous pouvez y contempler la folie des hommes...

 

A l'abri des 3 chênes, vous pouvez rencontrer un homme qui va accoucher de l'univers, pour peu qu'on lui tienne la main et qu'on l'assiste, que l'on y croit autant que lui.

 

Vous pouvez aussi peindre votre plus beau rêve, celui de votre liberté qui ne ressemble pourtant que rarement à la conception de l'autre... sauf quand les fils se touchent entre Max et Lula. Il y a des coups de foudre qui arrivent comme des coups de pinceau...

 

Comme dans les contes de fées, il y aura aussi des méchants pour les séparer : un Jeannot qui n'a rien d'un gentil lapin comme chez Alice, un Dr Monceau qui n'a rien d'aussi charmant que le parc du même nom et une a-mère cupide et perfide.

 

Pour l'instant, nous ne savons pas la fin, faute de production.

 

 

La lecture des « Instants Volés » de Cyrille Garit, dans le cadre des Découvertes Diva, fait partie des instants de grâce auxquels il fait plaisir d'assister,  quand le texte échappe à l'auteur et s'envole vers le public qui le prend en plein cœur.

 

C'est avec beaucoup de talent que cette pièce est servie par les souvent « méchants » Laurent Viel et Isabelle Ferron (incarnant plusieurs rôles avec une rare maestria) et les touchants amoureux Marie Orlandi et Joseph-Emmanuel Biscardi (même leurs noms de famille riment, on pourrait croire que c'était prédestiné ! ).

 

La musique de Stève Perrin, interprétée toute en finesse par Jibril Caratini-Sotto et Frédéric Debraine– toute aussi présente et importante dans ce huis-clos – comporte la palette d'émotions nécessaires pour faire vibrer tout ce que les mots de Cyrille Garit seuls ne pouvaient dire.

 

Avec un très bel équilibre,  renforcé par la mise en scène de Jean-Charles Mouveaux-Mayeur, « Les Instants Volés » nous balance entre le rouge sang de la passion, de l'amour, de l'aveuglement et le noir du désespoir et du mystère ; mais sans jamais oublier de saupoudrer l'ensemble de l'humour et de la dérision propres à désamorcer bien des situations.

 

Le sujet de la pièce ? Mais je vous l'ai déjà dit : la folie... Curieusement, comme souvent, on peut facilement confondre les patients et les soignants, la limite étant tellement fine parfois... et puis nous la frôlons tous un jour où l'autre : nous connaissons tous ces peurs, ces angoisses, ces freins, ces vertiges, ces doutes, ces hésitations... le mal-être est juste souvent trop insoutenable plus pour certains que pour d'autres, au point que l'on vous enferme pour vous substituer au regard des autres et à vous-même... Pourtant, le mal de vivre se soigne parfois, pour peu que l'on sache encore être capable de  reconnaître au loin une pâle lueur d'espoir,,,

 


découvrez quelques extraits musicaux sur le myspace : http://www.myspace.com/lesinstantsvoles

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 10:31

donore.jpgDonoré c'est une belle rencontre un soir, dans la cave d'un bar...

 

J'allais voir son co-plateau Cyril Cysko...

 

Et puis le voilà qui débarque seul avec sa guitare (comme beaucoup me direz-vous dans ces petites salles parisiennes)... j'étais assise "par hasard" à côté d'un - voir de son meilleur - ami et puis les premières notes ont sonné, et moi j'étais subjuguée.

 

Vous comprendrez bien vite en voyant la composition féminine de la salle, que cet artiste n'a pas que la voix de belle, la plastique est au rendez-vous. Mais ce n'est vraiment pas le plus important... Ce qui surprend c'est ce naturel, cette émotion, cette timidité parfois dans les gestes qui se dément par une caustique dans l'écriture parfois très directe... "La Mariée" en est un exemple assez... frappant... ;) tout comme "Je ne suis plus là pour toi". Plus en nuance, "Les noces de coton" décrit ce dénouement du lien au lendemain du mariage, une fois la photo encadrée...

 

Avec "Je viens à toi", Donoré signe une profession de foi dans sa chanson éponyme : la réalisation d'un rêve d'enfant... Mais le coeur de l'album reste l'amour sous toutes ses formes, tout en se confrontant avec une grande vérité à ses limites : l'amour d'un lieu ('L'ïle du Levant"), l'amour-amitié ("La Bulle" / "Soleil de Casa"), la jalousie ("Tu sais tout"), l'habitude ("Les Noces de Coton"), l'adultère ("La Mariée" / "Histoire Banale"), la rupture ("Plus là pour toi" / "Passer la Frontière").

 

Au centre des plages  "une histoire banale" arrive comme un point d'orgue : on se laisse prendre par la rythmique, on sourit aux premières paroles quand, assez rapidement, tombe le couperet de la situation, jusqu'à la chute. Car toutes les chansons sont joyeusement décalées : les thèmes sont a priori éculés, mais l'écriture est là, précise, balancée, rafraîchissante, dotée d'une vérité qui pétille dans la bouche. Ce qu'on l'on retient, c'est ce timbre de voix, jamais trafiqué, qui vient juste se poser sur ces mélodies travaillées : chaque chanson dispose véritablement de son propre univers, de sa propre saveur. Les titres sont à écouter selon l'humeur et sans modération : si vous n'avez pas trop la pêche ou du mal à vous réveiller, optez pour "L'île du Levant " ou "Casablanca", si vous comptez larguer quelqu'un "Plus là pour toi" et "Passer la frontière" si vous vous êtes fait largué... Pour parodier une pub actuelle, je dirai qu'avec Donoré, il y a une chanson pour ça ;)

 

Au-delà de l'album qui fait partie des "must-have", je vous encourage vivement à aller lr voir sur scène le 8 juin à l'Européen !

 

Ah oui, ne cherchez pas encore l'album qui ne sortira officiellement que le 31 mai, vous pouvez en écouter quelques extraits ici en attendant !

 

 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 23:28

visuel Marc Daniau

C'est dans une grande émotion que j'ai assisté à la première de la nouvelle création de Gabriel Garran hier soir au Théâtre de la Commune. Emotion de son retour à la scène et aussi du retour de "l'enfant prodige" à sa première maison, ce théâtre qu'il a inventé il y a bien longtemps avec la complicité de Jack Ralite. C'est avec la même complicité que Didier Bezace son digne successeur l'a accueilli à son tour dans ces murs.

 

Les mots de Romain Gary dans une mise en scène de Gabriel Garran sonnent et résonnent d'une étrange modernité. Comme un prolongement naturel de la pensée de l'auteur, les combats de l'Ange Gabriel ont toujours cherché à abolir les frontières, faire se rencontrer les différences et les transcender par un acte créateur, tout ça au creuset de la langue. Car pourquoi les frontières, pourquoi l'origine doivent-elles toujours être source de discorde ?  Quand il y a conflit, au final, y a-t-il véritablement un distingo entre les vainqueurs et les vaincus ?

 

L'histoire même de Tulipe s'imbrique avec celle de Gary et toutes deux s'imbriquent avec celle de Gabriel Garran. Même les noms "consonnent"...

 

Il est heureux de relever sur Wikipédia que Romain Gary publie ses premières nouvelles dans Gringoire, un hebdomadaire qui s'oriente ensuite à l'extrême-droite : « Gary renonça courageusement aux généreuses rétributions (...) quand le journal afficha des idées fascistes et antisémites. Il écrivit à la rédaction une lettre pour dire en substance : « je ne mange pas de ce pain-là ». L'image de "je ne mange pas de ce pain-là" est à mettre en miroir avec la tirade de Tulipe au début du spectacle qui refuse de s'alimenter parce qu'il a déjà "beaucoup mangé" à l'aune des misères et de l'égoïsme du monde.

 

Au nombre des superpositions de cette pièce puzzle, il faut compter la pièce qui se joue au milieu de la correspondance au travers de laquelle se joue la perspective d'un Romain Gary auteur dramatique... Sur le radeau pris entre les feux croisés de l'ancien et du nouveau monde, mais également de deux visions de l'écriture, du jeu et du "je", quatre protagonistes incarnent un nègre juif qui prophétise, un agitateur idéaliste qui complote, une femme qui incarne l'humanité et un journaliste qui incarne la vision idéale et manichéenne américaine.

 

Chacun de nos protagonistes portent également un costume composé de superpositions : Oncle Nat porte un talit katan (vêtement rituel juif) sous une veste militaire et se dissimule sous un maquillage au cirage ; Tulipe porte tour à tour une veste de Général sur une tenue de ville, qui le fait surtout ressembler à un clown, avant de porter un pyjama rayé ressemblant à celui des camps sous un manteau d'hiver, Lili elle se dissimule sous des perruques.

 

Gary était un homme de convictions et le caractère "absurde" de certains dialogues de Tulipe ne fait que souligner sa vision d'une totale lucidité sur le monde, les hommes et ce qui nous attendait...Il avait même prévu l'élection d'Obama. Le discours critique qui sous-tend Tulipe reste et demeure  malheureusement d'une totale et cruelle actualité.

 

Quant à Jouvet... Alors que dans la correspondance il tient le rôle du "Maître" et du mentor, au sein de cette pièce il semble tout à coup plus jouer le rôle de faire-valoir du talent de Gary qui finalement s'émancipera :  Je viens de relire ma pièce avant de vous l'envoyer. Je peux vous dire que cette fois, ça y est. Je ne sais si vous la jouerez, mais je sais maintenant que mon nom demeurera... 

 

La superposition de la correspondance et de la pièce permet également de confronter l'histoire, les histoires face à l'Histoire, à la course du temps, aux obligations et aux coups du sort : la création artistique, son processus, ses doutes, ses élans, son génie et ses "règles" (que Gary prend un malin plaisir à bousculer pour créer justement quelque chose de nouveau) se dessine sous nos yeux dans ce "work in progress", ces échanges sur l'oeuvre et l'oeuvre qui existe malgré tout, comme échappant à son auteur et à son critique.

 

L'acte de création mené à ce niveau devient un acte de foi. 

 

 


GARY-JOUVET 45-51

d’après la correspondance Jouvet-Gary
et Tulipe ou la Protestation de Romain Gary
conception et mise en scène Gabriel Garran
collaboration artistique Myriam Lothammer

avec Audrey Bonnet, Guillaume Durieux, Jean-Paul Farré, Jean-Pierre Léonardini, Sava Lolov et Pierre Vial Sociétaire honoraire de la Comédie-Française

Présentation de la pièce sur le site du Théâtre de la Commune

 

jusqu'au 29 mai 2010 au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers

mardi et jeudi à 19h30, mercredi, vendredi et samedi à 20h30 et dimanche à 16h. relâches exceptionnelles samedi 15, dimanche 16 et dimanche 23 mai. Exceptionnellement la représentation du jeudi 13 mai aura lieu à 16h. durée 1h40

 


Autour du spectacle

mardi 11 mai (sous réserve) à 21h30 : débat Fondation, Re-fondation du Théâtre de la Commune avec Didier Bezace, Gabriel Garran et Jack Ralite
jeudi 20 mai à 21h30 : rencontre avec Gabriel Garran, Nancy Huston, auteur de Tombeau de Romain Gary et l’équipe artistique du spectacle
samedi 29 mai à 17h : L‘Ange Divulgué, poèmes de Gabriel Garran. Entre vie, théâtre et poésie, où sont les frontières ?

 

en marge du spectacle : exposition
Parcours d’affiches des années 1965 à 1984, répertoire de Gabriel Garran

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 07:47

AFFICHE-20G-S.jpgParce qu'il y a un âge où l'on ne croit plus aux contes de fées, Garnier et Sentou revisitent nos mythes fondateurs et tous les repères de nos imageries plus ou moins modernes pour nous offrir une palette de sketches totalement décalés entre burlesque, mime et jeux de mots très recherchés.

La chevauchée commence au Bois Dormant en compagnie de deux Princes désabusés et se termine à bord d'un TGV attaqué par des aliens. Entre-temps, vous en saurez plus sur les coulisses d'une émission de télé, la vraie signification de chansons "virales", le fonctionnement de vos cordes vocales, la réalité de deux adolescentes déjantées et de deux militaires pas commodes, ...

La prouesse est autant textuelle que physique entre cascades, chant, danse, et textes parfois hautement intellectuels (car il est enfin temps de savoir si la barre sur les T marque le point sur le point sur les I...).

Au programme de grands fous rires des deux côtés de la rampe, une vraie complicité entre nos deux comédiens (amis d'enfance) et leur public qui se laisse à chaque fois embarqué dans le délire des auteurs.

Si vous voulez donner une grande claque aux petits tracas du quotidien et repartir boostés, réservez votre place dès à présent !

du Jeudi au Samedi 20h et le Dimanche à 18h
Lien vers le site du Funambule
Lien vers Billet Reduc

Lien vers le site officiel de Garnier et Sentou

PS : pour mémoire, j'avais déjà parlé d'eux ici il y a 2 ans ;)

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:23

oeuvres-GREGORY_DERENNE-177.jpg




Des vitrines photographiées de nuit, temples de la consommation abandonnés au regard d'un artiste qui y voit matière à son art... mais au lieu d'exposer des clichés, cet homme les peint, comme pour refléter la vanité de nos vanités...

Si lui peut en faire des oeuvres d'art qui s'exposent et se suspendent dans des intérieurs "classés", il y a matière à réfléchir... En son temps, Warhol avait érigé une boite de conserve de soupe au rang d'oeuvre d'art également : regard sur le quotidien, sur le consommable, sur nos sociétés de "trop plein"... vue la période, j'aurais volontiers ajouter un sticker "SOLDES" sur les deux toiles d'en bas...

Au-delà des symboles et des discours, il y a ce travail sur toiles noires qui rend hommage à la lumière, qui en resort plus brillamment... et les bluffants effets de transparences, qui laissent supposer un tour de magie, un secret de fabrication, un "truc en plus"... un écran, non pas de fumée, mais une mise à distance supplémentaire pour, nous aussi, nous observer dans ces reflets en profondeur... une mise en abyme savamment orchestrée... car l'ombre portée de celui qui regarde cette vitrine pourrait être la nôtre...

Mais où est le charme de ces vitrines inanimées ? La lumière des néons et du jour les rend bien plus attirantes... La nuit, on passe devant a priori sans s'arrêter... La lumière attire le regard, ce qui brille, ce qui nous fait briller...

Sortis de cette série, Grégory Derenne nous en propose une autre, consacrée justement aux plateaux.. de télé... Curieux environnement, mais tellement logique au fond : ces endroits fabriqués, ces décors sublimés par les lumières artificielles des projecteurs que l'on sait organiser pour donner des "impressions", créer des ambiances... Les toiles de plateaux sont souvent "vues de dos", de l'autre côté du décor et l'accent est mis principalement sur la lumière, car c'est la lumière qui en constitue l'unique réalité... Ces toiles sont étrangement et tout à fait volontairement floues : il n'y a rien à montrer, tout est "faux" et truqué... D'ailleurs les lumières et les couleurs de ces toiles sont tout autant "saturées", poussées au maximum pour en faire briller d'autant plus la superficialité, il n'y a qu'elles que l'on peut discerner sur ces toiles...

On peut trouver ses toiles justes "sublimes" et "géniales", l'artiste ne parle pas dit-on et laisse donc les autre voir sortir de ses toiles noires des idées de ce qu'elles portent comme regard sur le monde qu'elles dépeignent...

A voir, donc...



Grégory Derenne
jusqu"au 13 Mars

GALERIE BERTRAND GRIMONT
www.bertrandgrimont.com

47 rue de Montmorency
75003 Paris
(à 2 pas de Beaubourg)

CONTACT

info@bertrandgrimont.com
+0331 42 71 30 87
+0336 85 45 01 30

HORAIRES: du mardi au samedi-14h/19h et sur Rendez-vous

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 02:00
journal adam eve
Si l'on reprend la chronologie, il y a eu un "premier jour" pour l'homme et la femme. A partir de là, tout était déjà dit : 2 êtres semblables mais différents, 2 visions du monde, pourtant inéluctablement complémentaires.

Au départ, il y a deux nouvelles de Mark Twain : le journal d'Adam et le journal d'Eve. Ensuite, il y a un spectacle : celui de Riccardo Castagnari, Il Diaro di Adamo & Eva. Enfin, il y a un désir : celui d'un homme, Laurent Bàn, auteur, comédien, chanteur d'écrire pour sa belle.

Le résultat est souligné par la simplicité du cadre dans lequel s'est déroulé la lecture à laquelle j'ai assisté : un piano, une petite scène, un accompagnateur et nos deux protagonistes. Le texte se défend seul, grâce à sa qualité et à une interprétation juste, sensible et sincère qui ne tombe jamais ni dans le cliché facile, ni dans la démonstration. L'émotion est là, vibrante et nous touche, vu les yeux pétillants de joie et de larmes à la fin de la représentation. J'aime retrouver ces sensations de spectateur émerveillé et être emportée dans un univers qui répond à ses règles et nous transporte dans un "ailleurs" pendant un moment. 

L'accompagnement musical et les chansons qui viennent s'entrecroiser subtilement au texte nous touchent particulièrement : on a toujours l'impression que tout a déjà été dit, écrit, chanté et pourtant encore une fois, sur les mêmes thèmes fondamentaux, on est émerveillés par la créativité qui trouve les mots justes, le rythme et la mélodie adaptés pour venir prolonger ce que les mots seuls ne peuvent traduire. 

Or, les mots dans ce spectacle ont véritablement TOUTE leur importance : Adam et Eve nomment tout ce qui les entoure et inventent les mots pour exprimer leurs expériences et sentiments, sauf que chacun le fait de son côté, créant forcément deux niveaux de langage et source des inépuisables "incompréhensions"... 

J'ai la chance de connaître Laurent depuis longtemps et la qualité de son travail d'interprétation autant en tant que comédien que chanteur ; mais c'est la seconde fois qu'il s'essaye avec succès à l'adaptation à partir des textes de Riccardo Castagnari  (comme pour Marlène D. Chiara a traduit et Laurent a adapté), et de Mark Twain dont les journaux étaient séparés (Twain a écrit The Diary of Adam et 10 ans après The Diary of Eve) et que Riccardo a réuni.

J'ai par contre découvert Chiara sur scène pour la première fois : lumineuse, expressive, elle nous happe et nous sommes accrochés à son personnage et aux flots d'émotions agitées et contradictoires qui l'animent en permanence, pour notre plus grand plaisir !

Spectacle qui mérite d'être programmé, il changera l'humeur de ses spectateurs, hommes et femmes également, en nous rappelant l'essentiel, comme le disait si bien Mark Twain...
 

L'histoire commence à l'arrivée d'Ève au jardin d'Eden. Adam s'étonne tout d'abord de cette nouvelle créature aux longs cheveux qui a la manie de donner un nom à toutes choses et qui mange trop de fruits :
« Cette nouvelle créature aux longs cheveux n'est pas une affaire. C'est toujours accroché à moi, à me suivre. Je n'aime pas ça ; je n'ai pas l'habitude de la compagnie. Je voudrais qu'elle reste avec les autres animaux. »

Après la chute, Adam apprend à apprécier Ève, et se trouve profondément changé par sa compagne. L'amour humain, se substituant à l'amour de Dieu, apparaît alors comme un sentiment qui n'a pas besoin de l'Eden, qui est en lui même une rédemption :
« Bénie soit la catastrophe qui m’a uni à elle en me révélant la bonté de son cœur et le charme de son caractère ! »

Exclamation qui fait écho à l'épitaphe, dont l'allusion autobiographique est manifeste, écrite par Adam sur la tombe d'Ève, dans le Journal d'Ève :
« Partout où elle était, c'était l'Eden ! »
[citation/source Wikipédia]

Ce spectacle semble suivre un chemin bien particulier : après une première représentation à Lourdes, ce journal d'Adam et Eve s'est produit en lecture dans une salle située rue... Darwin à Paris... j'ai hâte de savoir où aura lieu la prochaine intervention... ;)


Chiara Di Bari & Laurent Ban 

Le Journal d'Adam & Eve
librement inspiré de l'oeuvre de Mark Twain et d'un spectacle de Riccardo Catagnari


Théâtre musical

Textes de Laurent Ban 
Piano et habillage musical : Daniel Glet
Musiques : Laurent Ban, Didier Begon, Stéphane Corbin, & Hervé Devolder 
 

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 01:59
Poster2GenChrys021209
Il y a 10 ans j'ai "rencontré" l'oeuvre de Bill Viola au travers d'une Trilogie et cela a été une révélation. Hier soir, j'ai rencontré l"oeuvre de Patrick Bernatchez au travers d'une trilogie à nouveau et la sensation a été presque aussi forte.
 
Du haut de ces trente et quelques années, il signe un film, un court, une oeuvre picturale animée, dont l'écriture est très structurée, la boucle bouclée et la démonstration... CQFD.

C'est sans a priori qu'il faut s'installer sur la banquette pour accepter d'entrer dans l'univers que nous propose l'artiste. L'oeuvre entière est construite comme une boucle, avec des boucles à l'intérieur de chaque partie et des liens entre les 3 tableaux.

I feel cold today est un ballet sans corps : c'est l'absence humaine qui rend le poids et la présence des objets plus prégnant. Pourtant des signes sont là, laissant présupposer toute catastrophe (cf. Le Jour d'Après). Le décor est daté (américain, années 70, jusque dans la couleur du film) et l'ambiance fait penser à Twilight Zone... la façon de filmer se rapproche à la fois du fantastique et de l'horreur... L'angoisse monte... Ce morceau du tryptique est créé dans la "montée", symbolisée par l'ascenseur et le passage des étages, concordant avec la montée de l'eneigement du lieu choisi pour cadre. L'alliance parfaite entre le bruitage ou la musique ou le silence et les images donne à l'ensemble une force qui sous-tend à la fois la perception de la maîtrise et de l'écriture de l'oeuvre... Petit clin d'oeil : la présence répétée par deux fois du livre "le zoo humain" de Desmond Morris... le blanc final est d'autant plus puissant qu'il est suivi d'un noir prolongé pour entrer dans Chrysalide, la deuxième partie...

On passe du 10ème étage au sous-sol, dans un parking. Les personnages : une voiture et un homme ; et un élément, toujours l'eau, mais après la neige, cette fois liquide. Cette oeuvre dérange plus, nous positionnant en voyeur, nous assistons à un suicide (?)... dans ce tableau, plus que dans les autres, on peut lire en "infra" une foule de critiques, encapsulées dans des symboles et éclaircies par des clins d'oeil dans les deux autres tableaux, pour donner corps à l'ensemble.

patrickbernatchez.jpg

Dans Chrysalide, le mouvement circulaire de la caméra a un effet à la fois hypnotique et propose une lecture en "montré/caché" de l'évolution implacable de la situation... le rythme à la fois de la rotation, de la musique, encore une fois les passages entre bruit, musique ou silence sont tout à fait signifiants et amplifient la cruelle beauté de l'image... Il y a un espoir sous-jacent qu'à tout moment la situation bascule, qu'il y ait un point justement non pas de chute, mais une rupture à l'issue fatale qui nous est proposée... Une questions nous vient à l'esprit en regardant ces images : conduisons-nous nos vies ?

13 nous propose des éléments de réponse et de justification à Chrysalide et ouvre une brèche lorsque la vitre explose... même si nous savons qu'il est vraisemblablement trop tard... 13 est entièrement dans la descente... et la fonte de la neige... c'est un cycle qui vient nous montrer ce qui se cache en partie en dessous de I feel cold today et de Chrysalide... on revient sur la vision extérieure de la fin de I feel cold today... puis on passe d'un atelier de couture, à une séance photo d'un clown "Mac Do", à des musiciens, un pianiste, un téléphone qui sonne et auquel on ne répond pas, une journée de travail qui s'achève, les locaux qui se vident... et retour au sous-sol, à la voiture de Chrysalide avec la vitre qui explose et l'eau qui se répand, jusqu'à nos pieds...

Parfois, il faut juste se "laisser prendre" sans chercher de justification ou de raison, et Patrick Bernatchez réussit à nous faire entrer dans son monde le temps de quelques minutes intenses... La fin du film est une libération qui en même temps nous fait réaliser qu'il s'est passé quelque chose, qui nous a - même infimement - changés.

à voir à la galerie e.space generic
 

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 20:18

Qu'attendent les femmes ? Des Preuves d'amour... Et quand elles ne les obtiennent pas, cela devient "l'épreuve d'amour" de Jimmy, débarqué de son histoire avec Lily au bout de 2 ans 8 mois et 6 jours...

Mais attention, cela n'a rien de dramatique, bien au contraire, l'ensemble offre une chance de découvrir l'univers 3D (Drôle - Décalé et Divaguant) de Jérémy Malaveau.


Jérémy Malaveau - alias Jimmy Sax - est un (beau) jeune homme de 32 ans, qui n'a aucun problème : "en général on vient vers moi, toutes mes histoires ont commencé comme ça".

Alors, cela aurait pu donner lieu à un one-man-show égocentré sur un corps ecervelé... Sauf qu'en découvrant le spectacle Les Preuves d'Amour, on découvre un "seul en scène" funambule entre poésie et humour, sur le fil du rasoir d'une histoire de rupture(s).

A l'instar d'un Candide de Voltaire, notre Jimmy - secondé par sa dévouée fée Clochette (la talentueuse comédienne et pianiste Valérie Fruchout) qui le taquine ou lui sert de "conscience" (avec un C) à la façon d'un Jiminy Cricket - en se retrouvant expulsé de chez son ex, Lily*, se retrouve dans l'obligation de résoudre l'équation du bonheur... Pour cela il sera aidé par une galerie de portraits plus ubuesques les uns que les autres, mais qui l'aideront à toucher la vérité du bout des doigts... sur un piano.

Ce spectacle se déroule à la façon d'un morceau de Jazz (avec un D devant), avec sa rigueur, ses lenteurs, ses ruptures, ses accélérations et ses improvisations... et la musique accompagne savamment ce texte ciselé (co-élaboré et mis en scène par Lilian Lloyd).

Surprenant, touchant et au final unique, Les Preuves d'Amour est une preuve de maturité de l'artiste complet qu'incarne Jérémy Malaveau.

Attention, ce spectacle offre des lectures multiples et fera la joie de ceux "nés avant les années 90", qui pourront en comprendre d'autres subtilités et apprécieront à sa juste valeur le décor "vintage" (avec une mention spéciale pour le meuble-piano créé par Brice Lartigue)...

Rires et émotions garantis !


*inspiré par le film Lily, aime-moi ! de Maurice Dogowson avec Patrick Dewaer


Le site du spectacle
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