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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 17:57

Nous nous sentons tous à un moment de notre vie étriqué, pris au piège entre nos ambitions et ce poste minable que nous occupons... C'est tout à fait la situation de Propichkine, fonctionnaire dans un quelconque Ministère. Cela pourrait encore passer s'il n'était pas tombé amoureux de Sophie, la fille de son directeur.

 

Dans cette simple expression "tomber amoureux", il y a déjà la notion de déséquilibre... de là à sombrer dans la folie, il n'y a qu'un pas que Propichkine franchit allégrement, comme nous le comprenons assez vite par le fil plus ou moins décousu de sa pensée.

 

Mais avant le verbe, comme lors de la Création, tout n'étais qu'ombre et l'ombre de Propichkine se faufile sur scène comme celle d'un enfant qui traînerait son chariot à jouet, ou comme un SDF tirerait son caddie... Dans ce silence, on remarque déjà une démarche, une dégaine plutôt, un peu désorientée dans l'attitude, un peu négligée dans la tenue : déjà ce flou, indique le vague à l'âme de notre héros, qui ne peut prétendre l'être que par cet aplomb qu'il a à croire possible cet univers parallèle dans lequel il réinvente la réalité qu'il ne peut supporter.

 

 

Si Nicolas Gogol a écrit cette nouvelle à 26 ans, on imagine pourtant Propichkine plutôt comme un vieux garçon (le texte nous apprend qu'il a 42 ans). Néanmoins, Propichkine est également une sorte de double de  Gogol qui ambitionnait à son arrivée à Saint Petersbourg de faire une grande carrière dans l'administration. Et il occupera effectivement un modeste emploi dans un ministère et dans l'administration avant d'écrire ce texte d'une suprenante maturité dans l'analyse qu'il nous livre sur la société russe de l'époque... curieusement, à écouter ce texte en 2012, on se surprend à le trouver particulièrement moderne et d'une étrange actualité : Propichkine qui passe une grande partie à tailler des plumes pour son directeur, n'incarne-t-il pas l'archétype du "gratte-papier" ?

 

Mais au travers de son journal, dans lequel il peut écrire à la date du 6 novembre : 

 

"Chez moi, je suis resté couché sur mon lit, presque toute la journée. Puis j'ai recopié de très jolis vers :

Une heure passée loin de ma mie

Me dure autant qu'une année.

Si je dois haïr ma vie,

La mort m'est plus douce, ai-je clamé

C'est sans doute Pouchkine qui a écrit cela."

 

ne rejoint-il pas encore une fois Gogol qui en arrivant à Saint Petersbourg s'était également rué à la rencontre de Pouchkine qui sera son mentor et ami, celui qui l'encouragera à écrire notamment le Revizor, qui lui apportera la reconnaissance ?

 

On pourrait même dire que d'une certaine façon Le journal d'un fou a des allures prophétiques, son auteur ayant à traverser à son tour des troubles psychologiques et une dérive mystique qui à l'image de Propichkine, provoqua sans doute sa mort précoce. 

 

Ainsi Gogol et Propichkine se trouvent-ils liés par un sort, une destinée, tels un Dr Jekyll et un Mister Hyde ou un Dorian Gray et son portrait : ce cheminement vers la folie tisse sa toile sur différents niveaux au travers de la pièce portée par la mise en scène de Wally Bajeux et par l'interprétation de Syrus Shahidi.

 

Dans le silence d'abord, par cette incarnation et ces transformations physiques successives : de la poésie à la froideur, du sentimentalisme à la folie la plus violente... Du haut de ses 23 ans Syrus Shahidi est en phase avec le jeune Gogol écrivant cette histoire et avec Propichkine qui vit l'un de ses possibles cauchemars... Il se projète et nous propose une pantomime d'une précision acérée, brute, brutale...

Par le texte ensuite, qui offre ces glissements et ces oscillations entre réalité, réalité distordue et fantasme absolu...Ce monologue, monocorde, tantôt nous berce et tantôt nous foudroie par ses accès de lucidité, de vérité et de douleur insupportable.

 

Par la mise en espace enfin : sur cette scène confinée, trop petite pour ce corps qui a besoin d'espace et qui se retrouve comme emmuré, prisonnier, pris au piège d'un rêve trop grand pour lui... à l'image de cette cellule où il se retrouvera enfermé... le jeu tout en ombre et lumière, le silence, cet aspect "noir et blanc", comme si toutes les couleurs de la vie avaient été effacées, aspirées hors de ce corps et de ce lieu...

 

Le journal d'un fou est un texte salutaire dans un monde malade d'un travail qui se retrouve de plus en plus sans valeur, qui ne respecte plus ses collaborateurs, et qui peine à donner du sens, au sein d'une société qui parfois semble sombrer dans une douce torpeur, une douce folie à vouloir garder des codes de hiérarchie hérités de cette monarchie décapitée en place publique pour rendre les hommes libres et égaux en droits : Propichkine subit tous les travers de cette société de castes, qui subsiste encore parfois, et rate son casting pour séduire la belle Sophie... une belle illustration pour montrer ce que "mourir d'aimer" peut vouloir dire...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le journal d'un fou

de Nicolas Gogol

Mise en scène Wally Bajeux

avec Syrus Shahidi

adaptation : Wally Bajeux et Syrus Shahidi

 

 

Pour réserver sur le site du théâtre : cliquez ici

Pour réserver sur BilletReduc : cliquez ici

 

 

prolongations 2013:
A PARTIR DU 6 JANVIER 2013
LES DIMANCHES 20H
LES LUNDIS ET MARDIS 21H30
THEATRE DU GYMNASE MARIE BELL STUDIO 38 BD BONNE NOUVELLE 75010 PARIS
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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 12:56
affiche_quiaimebientrahitbien.jpgVous avez sans doute un meilleur ami, celui que vous gardez depuis l'enfance, peut-être même bien qu'il incarne pour vous comme pour Marie-Jeanne dans Starmania, un Ziggy, "un ami pas comme les autres" qui fait que vous feriez n'importe quoi pour lui... C'est un peu le cas de Nanie avec Seb. Aussi quand Seb lui demande de l'héberger "pour quelques jours", elle n'hésite pas, trop heureuse de dépanner son meilleur ami... Sauf que le temporaire vient à durer, que Nanie tombe enceinte et aimerait en profiter pour emménager avec son "fiancé"...
 
Et là, c'est le drame...
 
"Qui aime bien trahit bien" décrit relativement bien ces moments de crispation entre amis, le moment où l'on frôle "l'abus de gentillesse" sous prétexte que vous le valez bien... Est-ce que l'amitié peut résister aux mesquineries, aux coups bas et autres trahisons ? Pour le savoir, il faut se rendre à l'Alambic Comédie, petit théâtre que j'ai découvert avec plaisir et où l'accueil est véritablement chaleureux, mettant de suite le public en condition pour passer un bon moment.
 
Avec une distribution à toute épreuve (cascades, chorégraphies, karaoké, transformisme, ...) "Qui aime bien trahit bien" vous propose un pur moment de détente et de franche rigolade avec une bande-son qui vous fera chanter et vous trémousser sur les fauteuils.
 
Nanie et Seb ne forment pas un duo infernal : il faut compter avec Dadou, la troisième mousquetaire prise à partie et partie prenante dans cette chamaillerie grandeur nature. Face à ce trio d'inséparables, Pascal le fiancé, ne sait plus à qui se fier...
 
Il y aura du sang, du sexe, de la sueur, des larmes et au moins un strip-tease... Alors ne ratez pas l'occasion !
 
Spéciale dédicace à Thomas Lempire* - que je connaissais déjà depuis Goodbye Candide et Il était une fois - qui incarne un Seb plus vrai que nature et qui montre une fois de plus les possibilités impressionnantes de sa palette de comédien.
 
 
 
quiaimebientrahitbien.jpg
  

A 20h15 du mardi au Samedi
Une pièce de Vincent Delboy
Mise en scène de Thierry Patru assisté de Thibault Martel
*Avec, suivant les soirs :
Nathalie Tassera ou Fabienne Louin, Isabelle Rocher ou Léa Jouvet, Teddy Têté ou Thomas Lempire, Mattéo Fortin ou Julien Kirsche
 
Pour en savoir plus sur le spectacle et réserver sur le site du théâtre : cliquez ici.
 
Pour en savoir plus et découvrir l'Alambic Comédie : cliquez ici.
Pour réserver sur Billet Reduc : cliquez ici.
 
 
 
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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 23:45

toutdroit.pngA les voir, nos deux protagonistes n'ont aucune chance de sortir vivants de ce voyage : entre un fiancé propre sur soi et une blonde totalement barrée, le compartiment SNCF risque de virer à la scène de crime...

 

Tout ce rose, présent certainement pour nous rappeler que nous sommes au spectacle et pas dans la réalité, tant la limite est parfois aussi mince que les raisonnements de notre chère blonde préférée (comme avoir des couverts à salade dans son sac pour enfiler ses bottes...), pourrait à tort faire croire à une histoire version guimauve. Que nenni !

 

Avec des répliques plus vraies que nature qui font mouche à chaque fois, il est passionnant de voir filles et garçons rire, rarement ensemble d'ailleurs, tout en se donnant de petites bourrades pour bien signifier "tu vois, finalement..."

 

Alice Pol incarne avec une justesse surprenante Violette, cette blonde évaporée avec son paquetage de survie, qui fait que toutes les filles se reconnaîtront : "j'aime bien avoir l'impression d'avoir toute ma maison avec moi...".

 

Mais cette "barbie girl" dans son wagon rose bonbon a bien du mal à chasser les idées noires de son colocataire mâle en tous points, Thomas.

 

Car Sébastien Lalanne est là pour incarner la raison, l'austérité, le manque d'humour /d'amour aussi d'ailleurs (mais, votre fiancée, vous l'aimez ?) : une sorte d'archétype de l'adulte face aux obligations, tandis qu'Alice reste comme celle du pays des merveilles, sorte de Peter Pan féminin des temps modernes, expliquant à qui veut l'entendre que la vie peut être tellement plus marrante si on regardait tout d'un pas de côté... Chacun rabâchant à sa façon certains des poncifs les plus éculés, ils semblent parfois échappés d'un roman, d'un film et se retrouver sur cette scène comme pour témoigner que "l'amour existe encore" et que ceux qui aiment prendront le train... (si l'on en croit la pub Meetic, la vraie rencontre est "ailleurs"... faut juste espérer qu'il n'y aura pas de grève ;) )

 

Ce jeu de la séduction ressemble à un tango, un paso doble, un jeu d'escrime ou de la vérité : après le rouge et le noir, le rose vient apporter une touche a(ci)dulée dans ce contexte où l'homme et la femme se voient obligés de se faire face et de communiquer. Le moment du basculement est d'une poésie rare lorsque chacun cherche à prendre une partie de l'autre pour lui ressembler, lui plaire et donc se rapprocher : comportement tellement humain et tellement vrai...

 

Ce match de ping pong nous procure le plaisir de compter les points, y compris ceux de suspension dans l'attente de la chute : ne dit-on pas à bon escient que l'on "tombe" amoureux ?

 

Une comédie rafraîchissante, à voir en couple pour se rappeler que c'est aussi parfois pour d'apparentes mauvaises raisons que l'on est ensemble  et que l'amour fait loi même dans le chaos le plus invraisemblable.

 

Prenez vite vos billets pour un voyage immobile passionnant !

 

Attention ne ratez pas cette surprise à durée limitée : jusqu'au 18 août au Théâtre Michel

 

Ce spectacle est une belle surprise : tout d'abord, celle de l'écriture d'Alice Pol, qui touche dans sa justesse, son côté lyrique et décadent, juste ce qu'il faut pour déclencher les rires sans jamais tomber dans une quelconque facilité, doublée d'une comédienne émérite, tant l'aspect évaporé de son personnage est loin de sa personnalité. Ensuite, la découverte de Sébastien Lalanne, ici dans un vrai rôle de composition quand on a le plaisir de discuter ensuite avec lui et de découvrir un homme tout à fait pétillant et charmant, loin du cadre coincé qu'il interprète ; et l'occasion d'apprendre qu'il est le créateur des Wriggles, qu'il est passé par le cirque et beaucoup d'autres mondes parallèles avant de rencontrer Alice sur un tournage... à peine quelques semaines avant de monter sur scène avec elle.

 

Car la création de "C'est tout droit... ou l'inverse" au Théâtre Michel est à l'image de la pièce : une suite de rencontres extraordinaires qui aboutissent à l'apparition de cette magie spéciale. C'est à l'invitation de Didier Caron qu'en moins de temps qu'il ne faut pour le dire que tout s'est décidé et qu'en quelques semaines le spectacle a a été monté. Parmi les magiciens de cette belle aventure, il faut citer Franck Harscouët que je découvre à nouveau en metteur en scène de talent - en attendant de le voir à nouveau sur scène ;) : il a su donner un cadre et une musique bien particulière à cette pièce pour que l'on entre dans cet univers intimiste, sans jamais avoir le temps de s'installer ou de s'ennuyer, grâce aux rebondissements orchestrés de main de maître à l'aide de "petits riens" si bien pensés. A ses côtés Kristof a su l'aider a fignoler le décor, plus proche parfois de l'Orient Express version panthère rose que de n'importe quel train corail ou TGV actuel ;) Cette somme de talents rend justice au texte, véritable écrin pour cette jolie perle.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 23:18

aube1.jpgNous menons tous des quêtes vers des univers complexes tels que l’amour, le sens de la vie, et le fait d’avoir le bonheur de partager quelques moments de grâce. Ma rencontre avec Jean Tomas Ward tient de ces petits miracles improbables du quotidien, quand à la fin d’une soirée un peu trop VIP vous pouvez enfin discuter avec une personne qui partage quelque goût commun avec vous pour la langue et l’acte de création… Suit une invitation pour assister à la représentation de sa pièce et là, j’ai mis le pied dans un monde à part…

 

 

 

J’ai toujours affectionné d’aller au théâtre la nuit qui offre des conditions de réception particulières, mais pour cette fois, c’est en plein midi qu’était le rendez-vous. Pourtant, dans cette salle totalement plongée dans le noir, j’aurais pu être n’importe où sans savoir de quelle couleur était coloré le ciel hors de ces murs.

 

 

 

*          *          *

 

 

 

La poésie est-elle utile au monde au point d’en mourir de ne pouvoir en vivre ?

 

 

 

Il existe un cimetière des poètes qui comme les éléphants aspirent à mourir discrètement, sauf que le pas de porte du 37 appartient au type de Loup que le Chaperon Rouge n’aimerait pas rencontrer…

 

 

 

Les Muses rendent fous les hommes qui ont pu les voir, êtres sublimes qui hantent l’esprit du créateur. Ainsi, tournées à mauvais dessein, elles s’avèrent toxiques.

 

 

 

En parler parce qu’on ne sait pas ce que c’est ou la crucifier pour débarrasser le monde de cet art qui rend beau un monde rempli d’erreurs… autant d’options proposées par Jean Tomas Ward  au sein d’une nuit peuplée de fantasmagories incarnées par des êtres sortis des livres de contes, des postes de télévision et de nos imaginaires les plus magnifiques et les plus sombres.

 

 

 

*          *          *

 

 

 

L’aube se crucifiera d’elle-même offre un voyage de l’ordre de l’initiatique au pays de l’a-MUSE-ment version trash street 2012. Tout y est parfaitement moderne sauf que les thèmes sont éternels et renvoient aussi bien au théâtre antique (repris aussi par Woody Allen pour illustrer certains messages de ses films) qu’à Shakespeare dans cette quête d’un amour absolu-ment impossible (« Je meurs s’il meurt… et il me tuera s’il me voit. »).

 

 

 

Malgré toute la palette de personnages présentés, il en est un qui m’a touché plus que les autres, parce qu’absent en apparence et pourtant tout le temps là, en raison notamment du choix du style d’écriture, mais aussi par le choix des autres personnages principaux : la Poésie.

 

 

 

Au travers de sa plume pour rendre cette « tragédie bouffonne », le pouvoir des mots - que ce soit par le biais d’incantations parfois mystiques (“Si je ferme les yeux, je crucifie l’aube pour qu’elle ne meure pas.”) ou de messages collés au mur, est tel qu’il peut rendre amoureux ou fou.

 

J’avais rarement trouvé sur scène une expression aussi manifeste de ces aspects transcendant et suranné du poète maudit et de la perception que le monde a de cet art devenu malheureusement souvent mineur aujourd’hui…au point de devenir un produit de consommation dans l’imaginaire de l’auteur (« Offrez-vous un poète pour divertir vos amis… »). Pourquoi en effet ne pas louer un poète pour votre soirée et le sacrifier sur l’autel de la sinistre-prose ambiante.. ?

 

 

 

 

 

Cette pièce se referme comme une énorme parenthèse dont on ne souhaite pas vraiment sortir, et l’on se dit que tout cela n’aura été qu’un prétexte pour raconter une histoire, rendre hommage, pour la beauté du geste… Il semble y avoir une telle facilité à créer cette unité et cet univers que l’on accepte malgré toutes ses absurdités, que cela ne fait que mesurer et estimer la grandeur du talent de celui qui en est à l’origine. Avec sa langue goûteuse, suave, râpeuse, insolente, cynique, sublime, sauvage, et au fond horriblement belle, L’aube se crucifiera d’elle-même est une ôde, un chant qui se doit d’exister et d’être entendu par le plus grand nombre et le plus longtemps possible, pour témoigner que l’on a encore besoin de tous ces maux d’amour pour rendre les mots encore plus beaux. Car « Sans le rêve, il n'y a pas de poésie possible. Et sans la poésie, il n'y a pas de vie supportable. » (Pasteur Valléry-Radot). 

 

 

 

Mention spéciale au casting ajusté pour interpréter ces rôles méta-eu-phoriques et à Jean-Bernard Duboin pour toute la création sonore finissant de donner toute sa profondeur à ce monde à part entière…

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 22:12

instants_voles.jpgIl était une fois une princesse enfermée... l'histoire pourrait commencer ainsi, mais finalement il n'y a pas de tour d'ivoire, juste les murs d'un hôpital psychiatrique... Drôle d'endroit pour une rencontre et pourtant, c'est dans ce décor qui prête plus à la confusion qu'aux sentiments que Max et Lula (et non pas Be-Bop-A-Lula, bien que Max soit bipolaire, pas plus que Sailor et Lula... quoique... ) vont développer une romance très perturbée mais surtout perturbante pour ce milieu hospitalier, qui porte parfois si mal son nom...

 

C'est avec beaucoup de poésie, de clowneries, d'humour noir et une raisonnable distance que Cyrille Garit nous propose cette visite au sein de cet univers rejeté par le commun des mortels qu'il dérange profondément. Avec la complicité et le talent de Stève Perrin, la musique vient donner une touche parfois profonde et parfois totalement décalée à ces maux si durs à prononcer en prose pure.

 

Après avoir assisté aux lectures, les représentations au Théâtre Michel ne viennent que confirmer que le spectacle fonctionne et les applaudissements répétés à chaque fin de tableau venaient ponctuer l'émotion justement ressentie par la salle à chaque fois.

 

Pour en avoir rêvé pour mes propres spectacles, la présence des musiciens sur scène (Piano: Djibril Caratini-Sotto et Contrebasse: François Fuchs), qui viennent aussi ponctuer, souligner, soutenir l'ensemble de cette belle architecture, apporte un frisson supplémentaire, qu'aucune bande enregistrée ne saurait reproduire...

 

La mise en scène (Jean-Charles Mouveaux-Mayeur assisté de Marine Julien) plein de "petits riens" qui en font toute la beauté, ainsi que les chorégraphies (Stéphanie Chatton) et les lumières (Pascal Noël) apportent la dernière touche de magie à cette beauté éphémère au milieu d'un monde peuplé par les peurs de chacun...

 

Et puis, il y a les comédiens qui ont su transfigurer tout, porter à bras-le-corps ces poupées de chiffons inarticulées pour en faire des êtres de chair et de sang qui font que l'on s'attache à leur sort, que l'on pleure de leur douleur et partage leurs errements.

 

Bravo à chacun d'entre eux d'avoir su incarner des états aussi extrêmes et ces multiples personnages ou personnalités, hydres magnifiques d'émotion.

 

Joseph-Emmanuel Biscardi qui incarne Max depuis le démarrage du projet a réussi à lui donner un maximum de relief avec une présence incroyable sans pourtant effacer la frêle Vanessa Cailhol qui reprend le rôle de Lula avec une surprenante éclosion, de la noirceur la plus sombre à la lumière la plus éclatante.

 

 

Philippe d’Avilla et Caroline Klaus, qui les entourent en incarnant une palette incroyable d'être plus ou moins fantasques et fantastiques, apportent à la fois toutes les nuances sur cet environnement étrange, mais montrent également tout ce que peut comporter de ressources le talent d'un comédien.

 

Je vous souhaite encore de nombreuses représentations et reviendrais vous voir toujours avec la même émotion, intacte : "il paraît qu'il s'agit juste d'une question d'amour..." !

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 09:53

carlsberg_euro2012_simpleverticale_2701.jpgLes Brasseries Kronembourg ont définitivement choisi le mode festif pour communiquer autour des différentes marques rassemblées sous leur bannière. Après avoir eu le plaisir de vivre le 1er Arthur Guiness Day en France, je suis heureuse d'avoir été invitée à la soirée Carslberg du 19 juin prochain !

 

Cette soirée est organisée dans le prolongement du lancement de la canette "vert pelouse" proposée en édition limitée pour fêter l'Euro 2012 qui a débuté le 8 juin.

 

C'est aussi l'occasion pour la marque de fêter une progression des ventes exceptionnelle en 2011.

 

 

Dans une tradition de communication plus proche des marques de sport ou de parfum avec l'idée "d'être soi-même" et de s'assumer, Carlsberg défend le positionnement de "s’adresser à ceux qui osent être eux-mêmes : des urbains de 25 à 34 ans, CSP+, qui cultivent leur différence et qui ont le courage de s’affirmer, de suivre leur propre chemin sans se soucier du « qu’en dira-t-on ». Des individus en accord avec leur temps, explorant leurs talents et ce que le monde a à offrir dans le but de trouver le meilleur. Leurs attentes ? Trouver des produits alliant qualité gustative et design valorisant, ainsi qu’une marque moderne qui sait aire la différence et qui a de la personnalité." C'est dingue, j'ai l'impression de me regarder dans un miroir en lisant cette description, pas vous ? ;)

 

 

carlsbergEn 2012, cette marque iconique internationale, présente dans plus de 140 pays, va encore plus loin et déploie toute une stratégie d’attaque sur les terrains, à l’occasion de l’événement le plus fédérateur de l’année !

 

 

Carlsberg suit ses propres règles avec une modernité et un franc-parler qui la définissent depuis 1847. Jacob Christian Jacobsen, son fondateur, fut un brasseur visionnaire qui vit très tôt la nécessité d’investir dans la recherche. Carl Jacobsen son fils, a apporté son ambition à la marque et son goût d’entreprendre pour ainsi créer une marque innovante qui sait faire preuve de détermination.

 

 

 

 

Ne ratez pas la soirée Carslberg : une invitation pour 2 personnes à gagner !

 

La soirée Carlsberg aura lieu le 19 juin prochain à la Cité de la Mode et du Design et ne sera accessible que sur invitation... Au programme : Retransmission du match France-Suède commenté en direct par Laurent Baffie & Gérard Darmon + en live-streaming sur Facebook. DJ Set de Mouloud Achour.

Vous voulez y être ?  Soyez le premier ou la première à poster un commentaire expliquant pourquoi vous voulez vraiment vivre ce moment avec nous...

 

 

En attendant vous pouvez rejoindre la communauté "Unbottle yourself" sur Facebook : http://www.facebook.com/unbottleyourself

 

carlsberg2.JPG

 

 

et découvrir cette très chouette vidéo, parodie de Police Académy sur YouTube

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 12:47
http://static.soireespectacles.com/img/spectacles/willy-rovelli-en-grand-paris-09eme.jpgWilly Rovelli est une sorte d'OVNI que j'ai découvert à la radio il y a quelques temps et dont j'ai suivi le chemin par hasard, vu qu'il est arrivé et s'est installé sur Europe 1 et que c'est la station que j'ai pris l'habitude d'écouter le matin...
  
Et puis, un jour, son spectacle a été annoncé. Je n'y ai pas fait particulièrement attention vu que j'étais débordée...
 
Et puis j'ai eu le plaisir de recevoir une invitation par le plus grand des hasards : il y a des opportunités qu'il ne faut pas rater, et j'ai bien fait...
 
Willy est heureux sur scène, même si Anne Roumanoff a dû lui donner « un coup de pied dans le popotin » pour qu’il se décide à  y aller : à l’y voir, on ne dirait pas. Capable de vraiment emmener un public dans son imaginaire : il suffit d’un éclairage et de son air maniéré pour voir un Mc Do transformé en resto 3 étoiles, il suffit qu’il nous parle d’Italie, pour voir le soleil et imaginer sa « Mamma », Adriana.
 
Il y a un véritable exercice de funambulisme entre une réalité très concrète qui inspire son écriture, un côté très rentre-dedans (oui, Willy est parfois méchant… mais méchant comme un enfant qui dit des trucs en cachette) et puis de l’autre côté un débordement de tendresse pour les siens, un regard très lucide qui lui rappelle d’où il vient et pourquoi il a voulu être « un grand ».
 
Des dessins animés, il n'aurait que la voix : comme il me le raconte dans l'interview qu'il m'a accordée, il est passionné d'actualité depuis tout petit. Il pratique son journalisme à coup de chroniques et de revue de presse, exercice qu'il intègre dans ce show très mouvementé !
 
 
J'ai vraiment apprécié sa plume, sa verve, sa fantaisie et sa capacité à déborder du cadre, à sortir des limites, à se moquer de lui, parfois, et surtout à improviser avec le public. Il aime jouer et partager, et cela ne trompe pas !
 
Une très belle surprise parmi les « jeunes pousses » du Trévise !
 
Plus d'informations et réservations sur le site du Théâtre Trévise : http://www.soireespectacles.com/spectacle-willy-rovelli-en-grand-theatre-trevise.html
 
 
 
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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 16:02

 

http://www.palaisdesglaces.com/affiches/181.jpgA 35 ans certains hommes pensent encore possible d’avoir le corps d’un « Brad » et de sortir avec une « Jolie ». Alexis Macquart, non. Il va même plus loin : sa rencontre avec Brad Pitt lui a permis de réaliser qu’il avait – comme tout le monde – des pulsions homosexuelles et il sait qu’il n’assumerait pas de sortir avec un canon, c’est pour ça sans doute que sa copine est "moyenne"…

 

 

Il avoue – presque sans complexe – avoir pris 6 kilos en 8 ans de relation fidèle, mais, bien que cela ait quelques désagréments,  les salles de sports devraient n’être dévolues qu’aux célibataires et interdites aux plus de 50 ans.

 

C’est avec ce genre d’assertions, prouvées scientifiquement parce qu’il vit les situations dont il nous parle, qu’Alexis Macquart réussit à faire rire la salle du Petit Palais des Glaces.

 

Rien n’est jamais gratuit dans son texte, rien n’est jamais infondé, et surtout… rien n’est jamais méchant : c’est seulement cruellement vrai ! Le public réagit en miroir et au quart de tour, chacune des répliques touchant terriblement juste. Il est même parfois étonnant de voir les filles rirent aussi franchement, alors que le tableau n’est pas tendre. Mais Alexis Macquart est casé et fidèle : il ne cherche donc pas à préserver les potentielles midinettes pour les séduire à la sortie des Artistes. Et puis, il donne de bons conseils.

 

A se demander si, finalement, son spectacle ne devrait pas être remboursé par la Sécurité Sociale pour toutes les personnes ayant besoin d’une thérapie de couple, ou des difficultés relationnelles, ou ne sachant vraiment pas pourquoi il ou elle est encore célibataire.

 

Tel un slogan qui pourrait marcher pour la Présidentielle, Alexis Macquart nous a transmis sa révélation et le mantra qu’il faut garder à l’esprit face à la machinerie des comédies romantiques et autres contes de fées hollywoodiens : « il faut revoir vos exigences à la baisse » !

 

Pour son spectacle pourtant, ce n’est pas la règle qui s’applique : l’exigence est énorme tant au niveau du texte très percutant qu’au niveau de l’utilisation très subtile du comique de répétition. Par ailleurs, j’ai apprécié la véritable relation interactive qu’Alexis Macquart cherche à mettre en œuvre dès le début de son spectacle : il ne pose pas simplement des questions rhétoriques mais s’intéresse aux réponses… se retrouvant parfois pris à parti, sans se laisser démobiliser pour autant… mais sachant parfaitement maîtriser la situation cependant : ainsi, nous avons pu en apprendre beaucoup plus sur les personnages déguisés dans les allées de Disneyland… mais ça, c’est une autre histoire…

 


Jusqu'au 28/04/2012, tous les mardis, mercredis, vendredis et samedis à 21h30, Petit Palais, durée : 1h10

Plus d'informations : cliquez ici

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 15:05
philia-coffret_3730.jpgInvitez des amis et demandez-leur de vous parler de récits, d'écrire une histoire courte ou longue, en mots ou en bulles ;  d'inventer l'exposition idéale, des espaces inexplorés par la pensée où les mots se glissent dans les moindres interstices, et vous obtiendrez "Récits entre amis".  
 
 
Ce projet, qui a choisi de rompre avec la linéarité de la narration traditionnelle, a offert à des auteurs (de Paris, de Province, de France et d'ailleurs) de mettre en scène leurs mots à l'intérieur d'un coffret carré, pour lequel tout est réalisé de façon artisanale et manuelle (série numérotée) : Andreas B. Krueger, artiste et contributeur du projet, en est également devenu le Directeur Artistique afin de suivre les méandres, les dédales et labyrinthes des pensées de ces amis un peu spéciaux. Nous découvrons ainsi 15 chapitres en 15 pliages différents : chaque pliage, basé aussi sur la forme du carré, s'adapte à son chapitre, dans le but de bouleverser le sens de lecture conventionnel. Le "livre" se destructure pour devenir un objet interactif qui interroge le sens et les sens du lecteur.
 
 
Le résultat est surprenant, déroutant et jouissif : les bulles pétillent les unes après les autres comme dans une flûte de Champagne, picote la langue et les yeux, suscitant le rire, l'interrogation, la perplexité, mais surtout beaucoup de plaisir. Comme ce poème en 3D dont il faut trouver le plan de construction ;)
 
 
Parmi toutes les productions qui méritent chacune une attention particulière, ma préférence est allée plus spécialement à trois d'entre elles : "une fiction" d'Hélène Zimmer pour l'élégance de l'alliance entre le fond et la forme, la concision et la précision de la pensée qui en quelques lignes à peine nous fait rentrer et adhérer à cet univers très évocateur ; la lettre froissée d'Emilie Pitoiset ;  et "L'improbable banquet" de Noémie Stevens et Justine Lescroart, cette rencontre épatante entre Françoise Dolto, Joseph Staline, Winston Churchill, William Shakespeare et Mona Lisa : un vrai moment de bonheur !
                                                                   
  
philia-coffret_3710.jpg
  
                                                                 
 
Lison Noël, collaboratrice et chef d'orchestre de ce magnifique projet espère pouvoir en initier et accompagner d'autres au travers de l'association Big Machine Incorporated, sorte de boite de production interdisciplinaire. Lison est Doctorante en Lettres, plongée depuis longtemps dans le monde de l'art contemporain en collaborant auprès d'une commissaire d'exposition et rédactrice pour Paris Art. Elle finit sa thèse sur la réception du Nouveau Roman dans le milieu artistique new-yorkais.             
 
 
Récits entre amis est un projet d'édition collaboratif réalisé dans le cadre du cycle d'exposition Philia à la Maison des Arts de Malakoff pendant la saison 2010/2011. Voici une petite présentation vidéo :
 
 
Pour plus d'informations : www.recitsentreamis.com

Merci à Lison et Andreas pour le moment que nous avons partagé en novembre dernier et désolée pour mon retard dans la publication de ce billet qui a connu plusieurs contre-temps... et merci surtout pour ce très beau cadeau !
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Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:30
affiche_au-cas-ou-je-n-aurais-pas-la-palme-d-or.JPGAllez savoir pourquoi, mais voir cet homme se passer de la crème Chantilly sur le visage m’a fait rire… Peut-être aussi parce que le commentaire fourni pour expliquer cet acte de transgression s’avère être : « cela fait longtemps que je n’ai pas tourné un film de fiction ». Et c’est bien le drame : imaginez un monde dans lequel les réalisateurs se réunissent à des séances des RA (les réalisateur anonymes) pour s’épancher sur le temps écoulé depuis la réalisation de leur dernier film ; et cela peut être long… Et pourtant, dans la salle, les éclats de rire fusent, libérateurs pour ceux confrontés à cette réalité, simplement spontanés comme un gimmik qui fonctionne pour le  spectateur non-initié.
 
 
 
Si l’on se réfère à La Fontaine, la tortue du film pourrait donner le ton : au rythme de 9mn/an en moyenne, il aura fallu 10 ans à Renaud Cohen pour sortir son 2ème long, comme on dit chez les réalisateurs. Ce film est un témoignage « à la Candide » de ce parcours du combattant que l’on doit affronter/subir pour aller au bout de ses rêves – comme le chante si bien JJG (Jean-Jacques Goldman).
 
 
 
 
 
« Au cas où je n’aurais pas la Palme d’Or » : comme le pense spontanément 99,99% des personnes interrogées, le titre du film est une pure trouvaille, un titre qui fait spontanément sourire et en même temps qui indique l’ambition absolue de son auteur. Tout réalisateur qui se respecte ne s’est-il jamais imaginé obtenir cet emblème mythique ? Et n’a-t-il pas déjà rédigé ce fameux discours qui devra rester dans les annales..? ;)
 
 
 
L’univers de ce « jeune » réalisateur de 45 ans est à la fois d’une naïveté déconcertante dans la poésie qu’il met à décrire son quotidien, et touchante de réalisme ; mais également entièrement doublé d’un univers créatif intense et d’une parfaite maîtrise technique. Le film est riche de trouvailles en termes de mise en scène, d’utilisation du flash–back très subtile (tout est dans la couleur de la tunique col Mao), des entrelacs savamment tissés entre réalité, fiction, réalité dans la fiction et fiction dans la réalité. La dernière image du film témoigne justement de cette boucle savamment orchestrée, de même que le scénario suit un cycle finalement proche de celui de la vie, à la façon d’une citation d’Epicure.
 
 
 
Avec un casting défiant toutes les logiques et pourtant juste, on trouve au final un film qui n’est pas sans évoquer les errances de la création et la façon dont on peut ou non utiliser sa vie comme propre matériau de son art. Cette avant-première* résonne pour moi avec la sortie du deuxième opus de Julie Delpy par exemple ou de façon plus lointaine aux échos d’un Woody Allen ou d’autres réalisateurs imbriquant leurs vies, leurs films et des films dans leurs films.
 
 
 
Ce mode labyrinthique pourtant ne nous perd pas et ne fait qu’éclairer tout en demi-teinte l’envers d’un décor souvent envié et qui attire par sa lumière. Les gens du métier y trouveront un miroir si peu déformant tandis que les spectateurs sauront l’accueillir comme une sorte de BD : le côté fortement improbable de l’ensemble et de l’ensemble des trouvailles incorporées donnent à ce film une bonne pâte qui ne demande qu’à être reconnue comme la signature d’un réalisateur confirmé et qui mériterait qu’on lui porte plus qu’une reconnaissance honorifique pour atteindre la plus large diffusion possible et rencontrer le public.
 
Si vous aimez le cinéma, vous aimerez ce film...
 
 
 
 
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* j'ai vu ce film en avant-première en Mars... 
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Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
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