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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 23:18

aube1.jpgNous menons tous des quêtes vers des univers complexes tels que l’amour, le sens de la vie, et le fait d’avoir le bonheur de partager quelques moments de grâce. Ma rencontre avec Jean Tomas Ward tient de ces petits miracles improbables du quotidien, quand à la fin d’une soirée un peu trop VIP vous pouvez enfin discuter avec une personne qui partage quelque goût commun avec vous pour la langue et l’acte de création… Suit une invitation pour assister à la représentation de sa pièce et là, j’ai mis le pied dans un monde à part…

 

 

 

J’ai toujours affectionné d’aller au théâtre la nuit qui offre des conditions de réception particulières, mais pour cette fois, c’est en plein midi qu’était le rendez-vous. Pourtant, dans cette salle totalement plongée dans le noir, j’aurais pu être n’importe où sans savoir de quelle couleur était coloré le ciel hors de ces murs.

 

 

 

*          *          *

 

 

 

La poésie est-elle utile au monde au point d’en mourir de ne pouvoir en vivre ?

 

 

 

Il existe un cimetière des poètes qui comme les éléphants aspirent à mourir discrètement, sauf que le pas de porte du 37 appartient au type de Loup que le Chaperon Rouge n’aimerait pas rencontrer…

 

 

 

Les Muses rendent fous les hommes qui ont pu les voir, êtres sublimes qui hantent l’esprit du créateur. Ainsi, tournées à mauvais dessein, elles s’avèrent toxiques.

 

 

 

En parler parce qu’on ne sait pas ce que c’est ou la crucifier pour débarrasser le monde de cet art qui rend beau un monde rempli d’erreurs… autant d’options proposées par Jean Tomas Ward  au sein d’une nuit peuplée de fantasmagories incarnées par des êtres sortis des livres de contes, des postes de télévision et de nos imaginaires les plus magnifiques et les plus sombres.

 

 

 

*          *          *

 

 

 

L’aube se crucifiera d’elle-même offre un voyage de l’ordre de l’initiatique au pays de l’a-MUSE-ment version trash street 2012. Tout y est parfaitement moderne sauf que les thèmes sont éternels et renvoient aussi bien au théâtre antique (repris aussi par Woody Allen pour illustrer certains messages de ses films) qu’à Shakespeare dans cette quête d’un amour absolu-ment impossible (« Je meurs s’il meurt… et il me tuera s’il me voit. »).

 

 

 

Malgré toute la palette de personnages présentés, il en est un qui m’a touché plus que les autres, parce qu’absent en apparence et pourtant tout le temps là, en raison notamment du choix du style d’écriture, mais aussi par le choix des autres personnages principaux : la Poésie.

 

 

 

Au travers de sa plume pour rendre cette « tragédie bouffonne », le pouvoir des mots - que ce soit par le biais d’incantations parfois mystiques (“Si je ferme les yeux, je crucifie l’aube pour qu’elle ne meure pas.”) ou de messages collés au mur, est tel qu’il peut rendre amoureux ou fou.

 

J’avais rarement trouvé sur scène une expression aussi manifeste de ces aspects transcendant et suranné du poète maudit et de la perception que le monde a de cet art devenu malheureusement souvent mineur aujourd’hui…au point de devenir un produit de consommation dans l’imaginaire de l’auteur (« Offrez-vous un poète pour divertir vos amis… »). Pourquoi en effet ne pas louer un poète pour votre soirée et le sacrifier sur l’autel de la sinistre-prose ambiante.. ?

 

 

 

 

 

Cette pièce se referme comme une énorme parenthèse dont on ne souhaite pas vraiment sortir, et l’on se dit que tout cela n’aura été qu’un prétexte pour raconter une histoire, rendre hommage, pour la beauté du geste… Il semble y avoir une telle facilité à créer cette unité et cet univers que l’on accepte malgré toutes ses absurdités, que cela ne fait que mesurer et estimer la grandeur du talent de celui qui en est à l’origine. Avec sa langue goûteuse, suave, râpeuse, insolente, cynique, sublime, sauvage, et au fond horriblement belle, L’aube se crucifiera d’elle-même est une ôde, un chant qui se doit d’exister et d’être entendu par le plus grand nombre et le plus longtemps possible, pour témoigner que l’on a encore besoin de tous ces maux d’amour pour rendre les mots encore plus beaux. Car « Sans le rêve, il n'y a pas de poésie possible. Et sans la poésie, il n'y a pas de vie supportable. » (Pasteur Valléry-Radot). 

 

 

 

Mention spéciale au casting ajusté pour interpréter ces rôles méta-eu-phoriques et à Jean-Bernard Duboin pour toute la création sonore finissant de donner toute sa profondeur à ce monde à part entière…

 

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