Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 23:11

D'abord, il y a le disque, noir, posé au sol, délimitant l'espace,. Puis arrive le danseur avec le micro pour l'absent, chanteur. Posé comme un diamant sur un vinyl, il amorce la danse.

 

Avec un choix décalé parmi le vaste registre de l'auteur-compositeur-interprète, c'est la Décadanse qui ouvre le bal pour donner le ton autour de ce triangle amoureux, entre amour, haine et transgression des interdits.

 

Un beau travail dans la recherche d'enregistrements originaux, de titres moins connus et d'arrangements pour coller au propos, signés Mr Quwertz.

 

Ensuite reste le geste chorégraphié, l'hommage dans une sorte de transe qui touche au sacré : on ressent l'implication artistique et émotionnelle d'Octavio de la Roza. Ce prodige devenu l'Etoile de Béjart transcende son art pour partager, ouvrir une porte sur son univers intérieur. C'est intime, c'est beau, érotique sur la limite comme Gainsbourg savait si bien le faire : faire passer le message par un arrangement habile des mots qui nous embarque et nous envoûte parfois ; Octavio de la Roza accompagne les mots et la mélodie par le geste, précis et sensuel : "exquise esquisse".

 

Une belle originalité dans les figures à trois, avec les deux danseuses magnifiques, énergiques et incarnées qui l'accompagne : (Camilla Colella & Alessandra Berti). Des choix chorégraphiques qui rythment la réception du public, avec notamment des effets de "canon". Une écriture chorégraphique rafraîchissante et originale.

 

Un seul regret : c'était trop court ;)

 

Un moment hors du temps à découvrir au Théâtre du Balcon à 23h15 jusqu'au 30 juilllet : http://www.theatredubalcon.org/festival/spectacles/voulezvous.html

 

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 22:52
Le rire est dans le tiroir

Quand Sherlock Bond ou James Holmes, alias l'Inspecteur Target, s'élance à la poursuite de l'espègle bonimenteur Manivel, la vie rangée de Monsieur Bertrand va être mise sans dessus dessous - pour le plaisir des petits ET des grands - avec la complicité bien involontaire du Cousin Creum.

 

Avec une écriture de gags à tiroir pour offrir de la joie à tous les ét-âges, ce spectacle de clown vous fait pénétrer dans un univers juste légèrement décalé pour y faire entrer le Rire de la cave au plafond, dépoussiérant au passage quelques toiles d'araignée. 

 

Chacun campé à 100% dans un rôle plus vrai que nature, Monsieur Bertrand est un gentil maniaque de la propreté, Manivel a plus d'un tour dans son sac à malice, l'Inspecteur Target est un croisement entre Max la Menace et l'Inspecteur Gadget, et le Cousin Creum, un idiot au grand coeur.

 

Mêlant intelligemment enquête policière, histoire d'amitié et d'amour, nos quatre mousquetaires du rire embarquent petits et grands pour un grand moment de folie joyeuse.

 

Un spectacle renversant !

 

Le titre est dans le coffre par le Théâtre du Faune à découvrir jusqu'au 30 juillet à 11h35 à l'espace Alya : http://www.espacealya.com/11H35-Theatre-du-Faune-Le-titre-est-dans-le-coffre-duree-1h10_a393.html

 

 

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
commenter cet article
24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 18:00

Le théâtre - le spectacle vivant en général - ouvre les portes de l'imaginaire sans toujours forcément scléroser la forme.

 

Parmi mes pépites avignonnaises, j'ai cueilli deux spectacles ayant choisis la forme de la conférence pour présenter un propos avec talent et succès.

 

 

2 spectacles-conférences : montrer par l'exemple, défendre avec passion
« C'est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens. »
 
 

Zigzag pose la question de la place du metteur en scène dans la création.

 

Une bonne question à laquelle la réponse est apportée par le truchement de la conférence, mais également par l'exemple en proposant trois mises en scène différentes de la première scène du Médecin malgré lui de Molière. Ce choix basé sur sa notoriété m'a particulièrement touchée, car cela a effectivement été la première scène que j'aie jamais jouée.

 

Au travers de cet exercice et de cette écriture "libre", sont aussi proposés différentes formes du théâtre et certains profils mis à mal, tels la pinup inculte ou le pédant au super ego. Le comique de la scène et les choix de mise en scène font le plaisir de tous. Le public adhère et pour certains dont cela pourra être une première prise de contact avec le théâtre, cela sera sans nul doute un très bon souvenir.

 

Un format court et maîtrisé, tant dans le fond - par les références choisies (Einstein, Brook, Mnouchkine,...), que dans la forme, grâce aux talents conjugués de Xavier Lemaire (Le Conférencier /co-auteur et metteur en scène) et de Caroline Mexme (scénographe).

 

Un coup de coeur particulier pour le duo clownesque des régisseurs plateau d'une sincérité touchante, interprétés par Isabelle Andreani (co-auteur / La Comédienne) et Franck Jouglas (Le Comédien).

 

A voir en Avignon à La Luna juqu'au 31 juillet : https://www.theatre-laluna.fr/spectacle/zigzag

 

Les dessous chics de l'orthographe

 

La convivialité incarne par son titre un moment d'échange privilégié, offrant à 12 chanceux à la fois de pénétrer dans la réplique d'un salon d'appartement un peu suranné au moment de l'apéritif pour y parler belles lettres...

 

Dans cet exercice original, deux linguistes belges proposent de défendre - preuves à l'appui - la réforme de l'orthographe. Avec toute la "doxa" qui s'impose dans le fond, ils se posent sans s'imposer sous une forme joyeusement décalée pour rester accessibles. Et, grâce à Kévin, graphiste de talent mais aux rapports compliqués avec l'orthographe, les supports sont au service de la compréhension, avec notamment un jeu de cartes unique en son genre qui explique, enfin, la très surprenante règle du COD.

 

Partant de principes de construction volontairement élitistes, conférant un caractère "sacré" à la langue, l'orthographe - de par cette gymnastique incroyable qu'elle impose à l'esprit - a des conséquences graves dans la vie de générations d'élèves, leur compliquant le chemin vers l'estime de soi et l'accès au travail, en générant ce que l'on nomme "l'insécurité linguistique".

 

Afin de séparer les gens de lettres des autres, la difficulté a été privilégiée, ainsi que les racines les plus "classiques" ("chic" serait plus approprié en fait) parmi le latin et le grec, oubliant notamment l'apport de l'arabe, par exemple, qui représente une bonne partie des origines de notre vocabulaire quotidien.

 

Ce cadre imposé s'évertue à inculquer, là où il faudrait enseigner et ne relève que la "faute", au lieu d'aider à comprendre et corriger une erreur. Au final, des gens de tout âge basculent d'un "mal faire" à un mal-être ("mal lettre") : il faudrait parler de mal lettrés, là où la définition académique préfère cultiver des ignorants :

 

La Compagnie declare qu'elle desire suiure l'ancienne orthographe qui distingue les gents de lettres davec les ignorants et les simples femmes, et qu'il faut la maintenir par tout, hormis dans les mots ou un long et constant usage en aura introduit une contraire.(académicien Mézeray dans un projet pour le Dictionnaire de l'Académie de 1694)

 

Il est temps de dynamiter gentiment la bien-pensance et de retrouver le goût de la langue dans un rapport démystifié et décomplexé afin de rassurer ces générations traumatisées. Un voeu pieu mais qui commence par une petite action, comme assister à cette proposition, qui deviendra une création de plus grande envergure à la rentrée au Théâtre National de Bruxelles !

 

Pour en savoir plus : http://www.laconvivialite.com/ 

 

(A Avignon, les représentations ont joué à guichet fermé et j'ai été heureuse de pouvoir assister à l'une des dernières...)

 

 

 

 

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
commenter cet article
19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 22:57
(crédit : Courtois)

(crédit : Courtois)

"La solitude des malheureux ça se partage comme le bonheur"

 

"L'indifférence est un mal contagieux"

 

 

Alors que l'ordre naturel des choses voudrait qu'un parent doit aimer son enfant et mourir avant lui, ce texte d'Olivier Sourisse vient illustrer un drame familial par une forme originale avec au bout, une réconciliation inattendue.

 

C'est un huis clos à deux personnages mais avec quelques fantômes que nous propose Stavanger.

 

Stavanger, le titre, ce point de fuite, reste la clef du dénouement.

 

Stavanger parle de la peur, de la peur de l'engagement, de la délivrance, du rapport à la culpabilité et à ce que des circonstances toutes particulières peuvent nous pousser à faire, pour le meilleur et pour le pire.

 

Dans cette antichambre coupée du monde, c'est à la fois une confrontation, un procès et, finalement, un acquittement peu ordinaire auxquels assistent les spectateurs.

 

Stavanger, ce sont deux solitaires qui se rencontrent :  Florence, avocate neurasthénique interprétée avec élégance par Sylvia Roux et Simon, paumé bloqué à un stade mental proche de l'adolescent indécis et torturé, interprété par un Thomas Lempire plus vrai que nature.

 

Un rapport aux sentiments filiaux vus "en biais" et par un prisme original, nous mettant le doute jusqu'à la fin.

 

 

A découvrir jusqu'au 30 juillet dans le Festival Off d'Avignon à 16h50 à l'Arrache Coeur : http://www.billetreduc.com/165795/evt.htm.

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
commenter cet article
19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 20:53

 

 

Il y a d'abord deux comédiens, qui aiment leur Art.

Il y a d'abord Lui, sur le plateau, qui s'amuse avec une malle, comme quand, enfants, nous montions dans les greniers de nos parents et grands-parents, à respirer les veilles dentelles et inventer de folles histoires.

Et puis, soudain, il y a Elle.

Et au milieu, il y a tout cet Amour, ce grand Amour...

Alors, pour l'aborder, Lui improvise une estocade et entame une danse qui les fera se prendre au jeu : il sera Cyrano et elle, Roxane.

 

Jouer Cyrano de Bergerac, ce monument, est une gageure à chaque fois, mais le pari de le jouer à deux, avec astuces, est un pari de comédiens poètes : une aventure onirique, qui transforme tout subterfuge en personnage.

 

Maryan Liver incarne - parmi toute une palette de personnages - une Roxane plus vraie que nature : ardente, passionnée, aveuglée par la surface lisse avant de découvrir la délicate profondeur de l'âme.

 

Son complice, Thomas Bousquet interprète - parmi moult rôles - un Cyrano tantôt bravache, tantôt éperdu d'un trop plein d'amour, qui jusques à la fin sait garder son panache.

 

Le parti pris de mise en scène était osé, mais Maryan et Thomas n'ont peur d'aucune difficulté : cela les anime et encourage leur créativité. Et puis, ce format compact, permet de transporter facilement ce joli spectacle, à une heure où trouver une production est difficile. Mais il permet surtout de faire entrer tout un chacun, enfants et plus grands, dans un merveilleux texte.

 

Un joli regard en biais sur ce texte, car au milieu du visage de ce Cyrano, nul artifice : de cet appendice ici, il n'est pas vraiment question, juste du poids de nos complexes qui nous oppriment sur le chemin de la liberté...

 

 

Une jolie pépite à découvrir jusqu'au 30 juillet (relâche le mardi) au Festival off d'Avignon à 12h35 à l'Atelier 44 (44 rue Thiers au croisement avec la rue Guillaume Puy) : http://www.billetreduc.com/163994/evt.htm.

 

 

Maryan Liver incarne - parmi toute une palette - une Roxane plus vraie que nature : ardente, passionnée, aveuglée par la surface lisse avant de découvrir la délicate profondeur de l'âme.

 

Son complice, Thomas Bousquet interprète - parmi moult rôles - un Cyrano tantôt bravache, tantôt éperdu d'un trop plein d'amour.

 
Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
commenter cet article
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:45

Est-ce que le Prince Charmant existe ou est-ce que tous les mecs sont des connards ? Est-ce que toutes les filles sont des Bridget Jones ou des MLF qu'il faudrait quelque peu désamorcer ? Telles sont les épineuses mais néanmoins fondamentales questions abordées par Pénélope Skinner dans sa pièce Eigengrau.

 

Il arrive toujours un moment où nous devons affronter nos peurs et devenir adulte. Entre l'adolescence et ce moment, nous sommes dans un entre-deux, une valse hésitation, durant laquelle nos certitudes peuvent passer du stade de béton armé à celui de papier mâché.

Ainsi, Tim n'arrive pas à avancer depuis le décès de sa mamie, Cassie est trop activiste pour être avec quelqu'un, Rose croit au coup de foudre et Mark tire tout ce qui bouge. Quand les routes de ces 4 adulescents se croisent, une dynamique totalement erratique se met en marche, illustrant les espoirs et les doutes qui nous habitent tous.

 

Avec un casting sans faute, une mise en scène/en image/en espace inventive et (re)créative les drames se nouent et se délient au rythme de dialogues crus de vérités que l'on tait, que l'on étouffe en se bouchant les oreilles et en se cachant les yeux de peur d'y voir trop clair dans le jeu de nos congénères, qui ne sont finalement ni plus laids ni plus lâches que nous.

Grace au travail de traduction d'Aurore Kahan, Eigengrau par la compagnie Blasted est la première adaptation francaise de cette pièce de Pénélope Skinner. Elle a été créée et présentée les 11 et 12 mai à Confluences et jouera du 15 mai au 15 juin à Manufacture des Abbesses : les dimanches à 20h ; les lundis, mardis et mercredis à 21h.

 

Un bon antidote à la grisaille des sentiments !

 


EIGENGRAU 
texte de Penelope Skinner
mise en scène par Zoé Lemonnier
traduction par Aurore Kahan 

DISTRIBUTION :
Aurore Kahan, Mélanie Peyre, Nicolas Schmitt, Pol Tronco 

ÉQUIPE :
Scénographie: Miguel Pelleterat / Création lumières: Gillian Duda / Création sonore: Alexandre Laillé / Montage vidéo: Sarah Layani / Création vidéo: Sacha Brodeur

RÉSERVATIONS

MANUFACTURE DES ABBESSES
7 rue Véron, 75018 Paris
M. Abbesses
→ INFOS & RESAS ←
01.42.33.42.03
resa@manufacturedesabbesses.com

 

 

 

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif
commenter cet article
18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 18:48
081.jpgcrédit photo : Angelina Moskalenko



Après la présentation de la master class du Hall de la Chanson créée pour les étudiants du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris, j'aurais  du savoir qu'aller assister à une présentation au retour du stage estival sur Claude Nougaro ne serait pas une simple formalité.

 

Mais je ne pouvais pas m'attendre à autant de fraîcheur, de créativité et d'envie de partager. Dans une époque où les passions s'émoussent par écrans interposés, assister à un vrai spectacle vivant dans toute sa splendeur est toujours revivifiant.

 

"La chanson est un art léger" m'a dit Serge Hureau et je comprends bien cela. Et légers nous l'étions à nous faire prendre par la main pour suivre le fil d'Ariane de cette compagnie improvisée de jardins en balcons et de la scène au foyer.

 

En écoutant toutes ces chansons de Nougaro, j'ai été surprise d'en découvrir tant que je connaissais, enfouies quelque part dans ma mémoire dès mon plus jeune âge et puis, aussi, d'en découvrir autant que je ne connaissais pas, sublimes éclats de vie et de voix.

 

Le travail d'appropriation, de mise en scène et d'interprétation de ce répertoire par des "jeunes" pour qui ce "Grand monsieur" était / pouvait être un total inconnu, avait quelque chose de rassurant. Et les arrangements dénotent d'un grand talent.

 

Cette promenade sur le terrain de la Villette et dans les espaces du théâtre a permis d'offrir de nombreuses variations et d'habiter différemment chaque chanson : des barreaux des tribunes pour Sing Sing, à l'écran blanc d'une version féminine du Cinéma, à des balcons improvisés pour Marie-Christine du haut de la bambouseraie ou de la cour du Hall de la Chanson, nous étions transportés d'un univers à l'autre le temps de quelques mots... Et un grand bravo pour la prouesse technique offerte lors de La pluie !

 

Assister à cette fin d'après-midi flamboyante donne envie que cette aventure se poursuive et donne lieu à la création d'une joyeuse bande formée par ces talents multicolores et investis. Qu'ils sachent comme lui, Claude Nougaro, ce génie, se réinventer toute leur vie... 

 

Le Hall de la Chanson créée ainsi un pont entre l'école et la vie, entre les genres, les époques et les gens : tous les spectateurs sont repartis ravis !

 


Un lieu à découvrir et voir grandir...

 

logo lehall

http://www.lehall.com/

https://www.facebook.com/lehalldelachanson


Documentation

Sous ton balcon (Claude Nougaro sérénade) est le fruit de deux semaines de stage-chantier intensif sur les œuvres de Claude Nougaro, à la Maison du Comédien Maria Casarès en Charente au début du mois de juillet, et de quelques répétitions supplémentaires début septembre !

Serge Hureau et Olivier Hussenet, tous deux chanteurs, comédiens et metteurs-en-scène, qui enseignent l’interprétation de chansons du patrimoine depuis 5 ans au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, ont encadré les travaux de 13 élèves passant de 1ère en 2ème année, soutenus, accompagnés et musicalement encadré par un jeune musicien de jazz, compositeur et arrangeur lui-même encore élève au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris : Grégoire Letouvet.

 

Un partenariat du Hall de la chanson avec le Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris et avec la Maison du Comédien – Maria Casarès.

Avec des élèves passant de 1ère en 2ème année au CNSAD : Alice Berger, Lucie Digout, Jade Fortineau, Loulou Hanssen, Yannick Morzelle, Raphaël Naasz, Lisa Perrio, Camille Plocki, Antoine Prud'homme de la Boussinière, Bertrand de Roffignac, Geoffrey Rouge-carrassat, Paul Toucang, Yuriy Zavalnyouk.

Et Grégoire Letouvet, pianiste, compositeur, arrangeur
Direction artistique et mise en scène : Serge Hureau et Olivier Hussenet
Technique : Saïd Hidjeb

http://www.lehall.com/vivez-participez/spectacles-et-concerts/sous-ton-balcon-claude-nougaro-serenade

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
commenter cet article
29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 21:23

sleepinBee.jpg

Il  y a d’abord le décor, la lumière, les costumes : le voyage peut commencer. A l’instar de cette roulotte et de ces saltimbanques, nous embarquons pour un voyage dans le temps et dans le son, vivant un étrange songe… qui sera beaucoup trop court.

 

Sleepin’ Bee est la chanson par laquelle les Américains ont découvert Barbra Streisand à la télé en 1961 mais la chanson existait déjà depuis longtemps et apparaissait dans le musical « House of Flowers ». Chanson éponyme du spectacle, Sleepin’ Bee parle d’amour.

 

Ce tour de chant, qui relève du tour de force, est une preuve d’amour rendant hommage aux titres chantés par Barbra Streisand et notamment à ceux qui évoquent la nostalgie d’un « old good Broadway ».

 

Sleepin’ Bee rend hommage à des œuvres plus ou moins connues en offrant également une toute nouvelle vie à ces bons vieux standards : chaque titre a été revisité et réorchestré de façon totalement originale pour sonner et swinguer, pour notre plus grand plaisir. Ainsi, les interprètes de talent réunis pour l’occasion peuvent se les approprier pleinement et se glisser dedans comme dans une seconde peau.

 

Derrière cette œuvre, il y a le rêve d’un homme, Franck Harscouët, « multi-talented », qui a eu l’idée originale, qui a conçu le spectacle et a su choisir les talents qui l’accompagnent dans cette aventure. Le mélange est savamment dosé et les perles s’assemblent pour former un collier de toute beauté.

 

Aux voix, Philippe d’Avilla - que je connaissais déjà – reste surprenant dans les palettes qu’il peut encore explorer et nous offrir en cadeau par la justesse et la beauté de ses interprétations, très agréable support en chœurs et belle harmonie dans les différents morceaux à plusieurs. Une belle surprise d’entendre Haykel Skouri, multi-instrumentiste de talent que je connaissais également, dans un exercice vocal de tout premier ordre, faisant swinguer toute la salle sur « I got rythm ». Et puis viennent les découvertes d’un joli trio féminin : Amala Landré, Malaurie Duffaud et Astou Malva Gueye, la surprenante benjamine. Avec leur force et leur fragilité chacune a su incarner les différentes héroïnes de ces chansons et de ce spectacle. Amala ouvrant le bal avec sa belle voix posée, plus oiseau qu’abeille ; Malaurie avec des couleurs tirant parfois sur le lyrique et Astou avec une puissance et un groove parfaitement maîtrisés.

 

A la musique, Christophe Houssin, « chef » de cet orchestre rebelle et passionné, auquel on doit les merveilleuses réinventions des titres et qui joue en live principalement aux claviers, aux guitares le talentueux Julien le Nagard et à la batterie/basse/clarinette Haykel Skouri, déjà cité.

 

Sans oublier « dans l’ombre » Miranda Crispin à la direction vocale, Sébastien Savin aux chorégraphies, Stéphane Delaurent aux costumes (une garde-robe à rendre jalouse ;) ), aux décors Sébastien Barbaud et aux lumières Eric Charansol.

 

J’ai chanté, j’ai dansé et j’ai pleuré accompagnant ce périple rempli d’émotions ! Il faut que ce spectacle vive pour continuer à faire vibrer ce son si prenant et touchant !  Un vrai « Broadway sur Seine » qui n’a rien à envier aux Américains !

 

 


Retrouver Sleepin' Bee sur Facebook : https://www.facebook.com/SleepinBeeMusical

Les dernières places pour la séance de ce lundi 31 mars sont à décrocher sur
www.theatre-michel.fr ou par téléphone au 01 42 65 35 02. 

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif
commenter cet article
27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 13:25


bruno2.jpgJ’aime cet album parce qu’il parle de nous, de toutes les rencontres, de tous les amours, de toutes les prières qu’un homme ou la planète peuvent faire.

 

Là où l’on va, est une proposition musicale d’une dans-ité et d’une music-altitude jamais inégalée par Bruno Bazinet et ses acolytes qui ont accepté un défi de haute volée.  Même si la signature de Bruno se retrouve dans chacune de ses chansons, quelques nouveaux territoires ont été explorés et des frontières de virtuosité franchies.

 

Au milieu de toutes les chansons, il en est une qui a retenu toute mon attention et m’a touchée tout spécialement… Juste en équilibre « sur une musique qui lui rappelle qu’il peut sentir pousser des ailes », cette chanson triste est belle  mets en lumière la façon dont on peut essayer de s’échapper de la douleur…  « Il danse ».

 

Il faut parfois ne pas céder au bercement ou au rythme de la mélodie pour s’attacher aux paroles et aux messages. Ainsi, il m’aura fallu quelques écoutes pour comprendre la particularité et l’importance du très groovy « Hey Man ! ». Cette interpellation (mot que l’on peut prendre ici quasiment dans les deux sens) est celle de la Terre à l’Homme, lui rappelant qu’il avait tout avant d’abîmer son environnement, son patrimoine et son héritage… et cette déclaration :  « aimez-moi comme je vous aime ».

 

Car l’Amour reste le dénominateur commun de tous les textes et surtout l’élément fondateur de cet album qui s’ouvre sur « Tout autour » : « l’amour est dans l’air, caché dans le secret du hasard, dans un grand sourire offert, au creux d’un regard… »

 

Et il se décline, qu’il s’agisse de s’aimer soi pour avancer et se réaliser (« Le jour où je m’aimerai »), s’aimer comme l’on est (« Irrécupérable »),  ou aimer l’autre (« La vie rêvée ») priant pour que cela dure : « garde moi, tant que tu voudras de moi… ».

 

Mais cet album parle aussi de l’amour perdu, dans « Ordinaire » : « Je sais, c’est ordinaire, d’essayer de vouloir plaire. Ecœuré par l’amour qui tue, on prie que vienne un vent contraire, dis, c’est un malentendu ? / Je sais, c’est ordinaire, mais dis-moi comment s’y faire ? On s’interroge le cœur perdu : est-ce qu’‘on peut échapper à l’enfer ou est-ce qu’on s’habitue ? ».

 

Pourtant, cet album reste une ode à la vie, un chant d’espoir avec  « Belle malgré tout » : « Cesse pas d’y croire ma p’tite chérie baisse pas les bras /  Accroche toi à ce qui sourit autour de toi / Et vivre comme tu voudrais /  Tu as encore des rêves à suivre, va sans regret / N’oublie pas que la vie est belle malgré tout, et après tout… »

 

Comme Bruno me le confiait récemment : « J'ai écrit "Là où l'on va" suite à ma rencontre avec Emily Pello, et quelques mois plus tard, on la chante ensemble sur le disque et c'est le titre de l'album. "Sur la route, on peut se trouver, y'a des rendez-vous à ne pas manquer." Cette phrase est vraiment pour tous ceux dont j'ai croisé la route et avec qui j'ai partagé des moments importants. Je suis particulièrement fier de cet album, j'ai atteint des buts dans sa réalisation dont je rêvais depuis que j'ai commencé. Les chansons ont toutes une histoire personnelle, donc une résonance spéciale et puis, pour ce que m'ont donné les musiciens, leur confiance, leur talent, leur générosité. Pour tout cela, je veux donner toutes les chances possibles à cet album de se faire connaître et d'atteindre les gens. C'est un disque fait avec le coeur pour le coeur.»

 

Vous pouvez vous aussi faire en sorte que tout cela devienne entièrement possible en participant au projet via : http://fr.ulule.com/bazinet/

 

Pour découvrir et suivre Bruno Bazinet sur Facebook : https://www.facebook.com/brunobazinetartiste

 

Vous pouvez retrouver mes critiques des albums précédents de Bruno ici et ici.

Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif - dans Spectacles & Critiques
commenter cet article
16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 15:11

 


festenSans connaître le film eponyme, je me suis assise à cette table sans a priori. 


Je suis tombée de ma chaise, ébahie par ce drame qui s'étire devant nous entre folie et déviance, entre politesses et convenances. 



Il faut puiser au plus profond de soi pour jouer dans le registre de l'abject. Accepter de témoigner dans un rôle pour toutes les sévices incestueuses qui sévissent encore trop silencieusement.  Il faut un talent de comédien et de composition pour glisser le pied sur la corde, en équilibre sur ce terrain mouvant, comme les sables du même nom qui pourraient vous avaler vivant. 



Mais derrière toutes ces mouvances émouvantes et ce mouvement, il y a l'immobilité, l'immuabilité de cette table et de ces chaises, qui témoignent, heure après heure de cette réunion de famille contre-nature, délic-tueuse et d'une violence qui vous écoeure et vous arrache le coeur. 



Vous n'avez pas connue la disparue, mais vous savez que vous souhaitez la voir vangée...



Avec beaucoup de délicatesse et une rage contenue, la compagnie distribue les rôles et les plats avec un cérémonial opportun. 



Il fallait du cran pour se confronter à un tel monument, mais le pari est réussi. Sinon, comment autrement faire salle comble, y compris un dimanche soir à Paris ? *



Retrouvez la fiche événement sur Facebook en cliquant ici.



*J'ai assisté à la dernière représentation au Théâtre de Verre fin 2013.
Published by Tiffany Assouline - Cré@Tif
commenter cet article

A Propos De L'auteure

  • : Le blog CréaTif : Création, Culture, Communication, Emploi, NTIC et Sociologie
  • Le blog CréaTif : Création, Culture, Communication, Emploi, NTIC et Sociologie
  • : pensées, paroles et actions d'une CréaCtive ! Création et développement de votre image artistique, professionnelle et personnelle, grâce à une expérience de 25 ans dans les secteurs de la Communication et de la Culture...
  • Contact

Retrouvez-moi aussi sur :

reseaulution.JPG
 bandeaufee.JPG

Rechercher

Ma présence sur le web